#top14
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Toute l'actualité du Rugby en podcast
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avec Vibré Rugby.
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Bienvenue à tous. Aujourd'hui, on plonge
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dans la 15e journée du Top 14 et je
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crois qu'on peut le dire, c'était une
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journée renversante.
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Ah oui, renversante, le mot est parfait.
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On a eu des surprises, des confirmations
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et surtout des certitudes qui ont un peu
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voulé en éclat.
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Exactement. Notre mission c'est de
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décortiquer tout ça. On a les résultats
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bien sûr, mais on veut aller plus loin.
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Comprendre les dynamiques, les
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performances qui ont fait basculer les
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matchs.
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C'est ça. Dépasser les scores pour voir
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ce que ça implique pour la suite du
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championnat. Et il y a beaucoup de
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choses à dire.
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Bon, alors allons-y. Commençons par ce
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qu'il y a peut-être le plus surpris, non
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? Ces fameuses victoires à l'extérieur
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et je pense tout de suite au stade
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français.
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Forcément, la victoire à Bordeaux Bigle
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33 à 28.
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Gagner à Chabondel Mass, c'est c'est
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jamais un Odin. C'est un exploit. C'est
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plus qu'un exploit, c'est une
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affirmation. Chabban, c'est une
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citadelle. Et ce qui est fascinant,
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c'est la manière. Ce n'est pas un
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holdup, tu vois.
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Ah non, pas du tout. C'est une victoire
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construite.
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Tout à fait. J'ai lu les propos de
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Jeremy Ward, le centre parisien et c'est
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très intéressant. Il parle d'une
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évolution attendue du jeu de l'équipe.
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Une évolution, c'est-à-dire
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bah, il explique que le groupe veut
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sortir du stéréotype de l'équipe qui ne
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fait que défendre et jouer au pied. Il
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dit qu'il cherche à trouver plus
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d'options, plus d'espace. Et ça c'est
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peut-être le vrai changement de statut
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pour eux. Non, gagner à l'extérieur en
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jouant, en osant.
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C'est précisément ça. Ils ont été ultra
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efficaces dans les moments clés. Ils ont
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su marquer quand Bordeaux revenait fort.
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C'est une preuve de maturité.
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Le message est clair. Donc
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oui, le message c'est Buget Paris n'est
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plus seulement une équipe dure à battre.
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C'est une équipe qui peut vous battre
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avec le ballon chez vous. Ça ça marque
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les esprits des adversaires.
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Et en parlant de marquer les esprits, il
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y a eu un autre séisme ce weekend. Hm
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hm. Au Pays-Basque,
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Castre qui s'impose à Bayonne 13 à 10.
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Là, on ne parle plus d'une simple
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victoire, on parle de la fin d'une série
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d'invincibilité qui était devenue
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légendaire.
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C'est d'un tremblement de terre.
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Absolument. Jean Doget, c'était la
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forteresse imprenable du Top 14.
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Personne n'y gagnait. Comment ils ont
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fait alors ?
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Alors là, c'est l'opposé total de la
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méthode parisienne. Si Paris a gagné
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avec l'ambition, Castre a gagné à la
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Castra,
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c'est-à-dire dans le combat, l'usure.
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Exactement. C'était un match fermé, très
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apre, une vraie garde de tranchée. Leur
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stratégie, c'était simple, tenir, tenir
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en défense, absorber la pression du
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public et attendre,
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attendre l'erreur,
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attendre la petite opportunité. Et ils
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ont été cliniques. C'est une victoire de
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l'abnégation, du mental et il y a un
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joueur qui a parfaitement incarné cet
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état d'esprit.
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Je pense savoir de qui tu parles.
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Santiago Arata, le demi mêlé.
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Évidemment, il a été partout,
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partout au plaquage, à la relance, il a
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été le moteur de cette équipe qui a
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refusé de céder. Pour Castre, ce n'est
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pas qu'une victoire hein, c'est une
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bouffée d'oxygène immense. Ça peut
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totalement relancer leur saison.
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C'est fou de voir ces deux philosophies,
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Paris et Castre, aboutir au même
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résultat. Mais pendant que des
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forteresses tombaient, d'autres ont tenu
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bon mais de justesse.
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Ah oui, on a eu des fins de match
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irrespirables.
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On pense tout de suite au Racine 92
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contre Lyon. Victoire 35 à 34. Un seul
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petit point.
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Un point, c'est le genre de match qui
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fait vieillir les supporters de 10 ans.
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Franchement, ce n'était pas le plus beau
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match du Racing, loin de là.
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Il y a eu beaucoup de déchets, on est
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d'accord.
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Oui, ce n'était pas fluide, mais ils ont
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gagné. Et ça, c'est parce qu'ils ont
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cette solidité, cette capacité à ne
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jamais paniquer, même quand tout va mal.
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Et pourtant, Lyon y a cru jusqu'au bout
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où ils les ont vraiment poussé dans leur
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retranchement.
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Ils ont mené, ils ont failli faire le
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holdup parfait à l'arena. La différence
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ça se joue sur la dernière action. La
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lucidité sous une pression énorme.
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Une pénalité près la sirène.
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C'est ça. Ce n'est pas une victoire pour
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les highlights, mais pour forger un
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groupe, c'est fondamental. L'image de
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Gael Fikou soulagé à la fin. Elle disait
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tout.
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Ces victoires-là, même l'aide sont
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parfois les plus importantes pour la
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confiance.
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Tout à fait.
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Et dans la même veine, un autre trieur à
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Toulon. Victoire 30 à 27 contre
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Montpellier.
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Encore un écart minuscule. Le titre
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c'était Mayol a tremblé mais n'est pas
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tombé et c'est exactement ça.
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Ils ont été bousculés
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plus que ça. Montpellier a fait un match
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tactiquement parfait. Ils ont identifié
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les points forts de Toulon et ils les
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ont sabotés notamment dans les rocks,
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c'est-à-dire
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la bataille au sol pour le ballon.
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Oui, ils ont ralenti toute leur sortie
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de balle, ils ont cassé le rythme et ils
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les ont attaqué dans l'axe, là où Toulon
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est normalement très fort.
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Et la réponse toulonaise, ça a été quoi
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?
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De l'intensité, de l'engagement pur. Ils
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n'ont pas pu développer leur jeu. Alors,
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ils ont défendu, ils ont combattu, ils
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ont verrouillé le match quand il le
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fallait avec des leaders qui ont répondu
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présent. J'imagine.
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On a beaucoup parlé de Baptiste Serin de
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retour en équipe de France et de Charles
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Olivon qui a été colossal dans ce
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combat.
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Indispensable ce genre de joueur.
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Oui, au final Toulon gagne et reste en
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haut. Ils ont prouvé qu'ils savent aussi
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gagner quand c'est dur et moche. C'est
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la marque d'un vrai prétendant.
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D'accord. On a eu les exploits, les
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thrillers. Il nous reste la dernière
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catégorie, les démonstrations de force.
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Oui, les matchs où il n'y a pas eu de
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débat quoi.
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Et là, impossible de ne pas commencer
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par le choc au sommet. Le leader
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Toulouse contre son dauphin P. Le score
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59 à 22. C'est une correction.
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C'est une correction et c'est surtout un
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message terrifiant envoyé à tout le
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championnat. Attends parce que P c'est
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le deuxième, une des équipes les plus en
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forme avec une ligne arrière de feu.
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Comment Toulouse peut leur mettre
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quasiment 60 points ?
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C'est là que c'est très fort. Tout le
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monde attendait à un festival offensif,
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un duel de vitesse, mais Toulouse a
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gagné ce match avec ses gros.
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Ils les ont pris devant,
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ils les ont concassés. C'est aussi
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simple que ça. Dès le début, le pack
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toulousain a imposé une domination
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physique absolue en mêlé dans les rues
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sur chaque impact. Ils les ont privé de
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ballon et ils les ont épuisé.
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Et des joueurs comme Julien Marchand ou
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Tho Flamand ont dû être énormes.
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Ils ont été les fers de lance de cette
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destruction sans oublier le retour
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d'Anthony Gelonche qui amène une densité
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physique folle.
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Donc la stratégie c'était on vous brise
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devant et après nos trois/4 n'auront
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plus qu'à finir le travail.
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Parfaitement résumé. Une fois la
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bataille des avants gagnée par Koo, les
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arrières avaient des boulevards. Le plus
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impressionnant, c'est que Po n'a jamais
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réagir. Ils ont subi du début à la fin.
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C'est un message de patron ça hein. On
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peut vous battre de toutes les manières
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possibles.
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Voilà, c'est la marque du leader quasi
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injouable en ce moment.
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Bon et dans les autres victoires
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maîtrisées, on a Perpignan qui se
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rassure à la maison.
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Oui, victoire bonifiée contre Monta 31
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et 8. Ce fameux bonus offensif, ce point
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de plus est crucial pour eux dans la
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course au maintien.
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Et ils ont été comment ?
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Patients. Ils ont construit leur match
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avant d'accélérer pour aller chercher
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les essais nécessaires. Pesseli Yato
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notamment a fait d'énormes dégâts avec
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sa puissance. C'est le genre de match
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qu'il n'avaiit pas le droit de perdre et
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ils l'ont fait avec la manière.
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Mission accomplie pour l'USAP. Et pour
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finir, Clermont, qui a battu La Rochelle
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?
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Oui, 32 à 27 mais là, c'était plus
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accroché. Ah oui !
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Hm hm. beaucoup plus complexe. Le match
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a été décrit comme haché. C'est souvent
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comme ça contre la Rochelle qui impose
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un grand combat clairement à alterner le
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bon et le moins bon. Des moments de
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maîtrise et des moments de fragilité.
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Mais l'essentiel est là.
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L'essentiel est là. C'est la victoire.
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Il reste dans la course à la
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qualification même si on sent que cette
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équipe cherche encore un peu de
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constance.
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D'accord. Alors, si on met tout ça bout
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à bout, un leader qui écrase son
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dauphin, des forteresses qui tombent,
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des matchs qui se joent à rien, c'est un
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sacré bazar au final.
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C'est un bazar qui rebat complètement
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les cartes.
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Hm. Si tu devais en tirer, la grande
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leçon de cette journée, ce serait quoi ?
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Je crois qu'au-delà des classements,
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cette journée pose une question
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fondamentale sur l'identité du Top 14.
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En fait,
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laquelle ? Ben la notion davantage de
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jouer à domicile pendant des années, ce
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championnat c'était tu gagnes chez toi,
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tu essayes de pas prendre une valise à
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l'extérieur et ta saison est faite.
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Et là, on a deux des plus grands
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bastions du pays qui tombent le même
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jour. C'est un symbole quand même.
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C'est un symbole très très fort et ça
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nous amène à une pensée finale, je
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crois. Est-ce qu'on assiste à un simple
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accident des exploits isolés
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ou est-ce que c'est plus profond ?
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Voilà. Est-ce que c'est le signe d'un
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changement de mentalité ? Est-ce que les
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équipes sont en train de se décomplexer
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à l'extérieur, de se dire qu'avec la
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bonne stratégie, la bonne préparation,
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aucune citadelle n'est vraiment
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emprenable ?
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Et si c'est le cas ?
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Si c'est le cas, alors la fin de saison
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va être absolument passionnante. Ça
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voudrait dire que la clé pour se
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qualifier n'est plus seulement de savoir
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gagner chez soi, mais d'avoir l'audace
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et l'intelligence d'aller faire tomber
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les autres chez eux. Et ça, ce serait
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peut-être la nouvelle ère du Top 14.
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