« Un clin d’oeil du destin »: le manager de Bordeaux-Bègles Yannick Bru retrouvera en finale de Top 14, vendredi à Marseille, son club de toujours, le Stade toulousain, avec lequel il a effectué l’essentiel de sa carrière de joueur et ses débuts sur le banc.
Guy Novès s’attend à vivre une soirée « assez sereine » dans le confort de son canapé, « ce qui n’est pas toujours le cas quand Toulouse joue », s’en amuse auprès de l’AFP l’ancien entraîneur historique des Rouge et Noir.
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« C’est mon club, ma ville », explique-t-il. « Mais si ça tourne mal pour le Stade et que Yannick (Bru) réussit, je serais très heureux pour lui car il serait récompensé de tout son investissement ».
Les deux hommes ont noué des liens étroits depuis que l’ancien talonneur, originaire du Gers voisin, est revenu à Toulouse en 1998 après une pige à Colomiers.
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« Je le connais bien et c’est quelqu’un qui compte pour moi », confirme Novès. « On a vécu des moments forts, des grandes réussites et des échecs aussi ».
Double champion de France (1999 et 2001) et d’Europe (2003 et 2005), sélectionné à 18 reprises en équipe de France, Bru s’est naturellement imposé au fil du temps comme l’un des cadres du vestiaire toulousain.
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« La première chose qui me vient à l’esprit quand on évoque Yannick, c’est son implication », se souvient pour l’AFP l’un de ses coéquipiers de l’époque, Fabien Pelous. « C’est ce qui lui a permis d’obtenir ce statut de leader, puis de co-capitaine ».
« C’est quelqu’un qui a toujours eu le sens du collectif », développe l’ancien deuxième ligne. « Cette vocation s’est confirmée ensuite. Pour moi, Yannick, c’est un entraîneur qui a plutôt bien joué au rugby (rires). On sentait chez lui cette envie de jouer un rôle, d’apporter quelque chose à un collectif ».
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– Un bourreau de travail –
Le professionnalisme et le leadership de Bru, tour à tour concurrencé chez les Bleus par Raphaël Ibanez et son coéquipier toulousain William Servat, n’ont pas non plus échappé à Novès.
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« Il arrivait le premier et partait le dernier. Il n’avait pas forcément un talent extraordinaire ni des mensurations hors-normes, comme Servat par exemple, et c’est grâce au travail qu’il s’est imposé », relève son ancien coach.
Séduit par ses « grandes aptitudes d’analyse », ce dernier l’a convaincu de rejoindre son staff dès la fin de sa carrière, en 2007, alors que le talonneur, diplômé d’une école de commerce, avait préparé sa reconversion dans sa propre société de conseil.
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Bru l’entraîneur (des avants) a soulevé avec Toulouse trois boucliers de Brennus (2008, 2011 et 2012) et une Coupe d’Europe (2010) de plus avant d’être débauché par le XV de France.
Il y a d’abord été l’adjoint du sélectionneur Philippe Saint-André (2012-2016), puis de Novès (2016-2017), qui l’aurait bien vu lui succéder aux manettes du club s’il n’avait pas été déjà impliqué avec la sélection.
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Le poste est finalement revenu à Ugo Mola. Le manager toulousain est actuellement entouré de Virgile Lacombe, Jean Bouilhou et Clément Poitrenaud, tous des anciens coéquipiers de Bru, amené à faire face à son passé vendredi au stade Vélodrome.
« Cette finale va forcément être spéciale pour lui », dit Pelous. « Il a joué avec tous ceux qui sont aux commandes du Stade toulousain aujourd’hui ».
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La question a évidemment été posée au nouvel homme fort de l’UBB la semaine passée après la demi-finale arrachée au Stade français (22-20).
« C’est un clin d’oeil du destin qui est sympa », a-t-il répondu. « J’ai passé 18 ans de ma vie à Toulouse, j’y ai beaucoup d’amis… On peut avoir des différends par moments, mais il y a un fil rouge de respect pour tous les gens qui ont porté le maillot et oeuvré pour construire l’histoire du club ». Comme lui.
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© 2024 AFP

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