Wilfrid Hounkpatin va s’absenter avec Montpellier pour un congé paternité de 28 jours. Le pilier droit du MHR a pris cette décision pour la naissance de son quatrième enfant. Il a expliqué sa démarche familiale à RMC Sport. Son choix aura des conséquences sportives et financières pour la suite de sa saison.
Un congé paternité rare dans le Top 14
Wilfrid Hounkpatin, 35 ans, a choisi de s’éloigner des terrains en novembre. Le pilier droit de Montpellier attend son quatrième enfant avec sa compagne. Il a décidé d’utiliser son congé paternité de 28 jours, ce qui reste rare dans le rugby professionnel. Un précédent avait été relevé en 2021 avec Timoci Nagusa à Grenoble.
Le droitier sort pourtant d’une prestation marquante avec Montpellier. Le week-end dernier, il a inscrit un doublé face à Toulon, aux 66e et 80e minutes. Malgré cette forme sportive, il a privilégié sa vie personnelle. Il assume un choix fort dans un environnement où ce type de décision reste encore peu fréquent.
Wilfrid Hounkpatin met sa famille au centre de ses priorités
Pour expliquer sa décision, Wilfrid Hounkpatin a détaillé sa situation familiale. Il a rappelé qu’il avait déjà trois enfants, deux garçons et une petite fille. Avec l’arrivée annoncée d’une deuxième fille, l’équilibre familial a pesé dans la balance. Le couple ne dispose pas de proches dans le Sud pour les épauler au quotidien.
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Sa compagne s’inquiétait de devoir gérer seule les enfants après l’accouchement. Le pilier a donc décidé de la soutenir pleinement pendant cette période.
« Je voyais que ça allait être compliqué, donc j’ai pris la décision de prendre mon congé paternité pour pouvoir la soulager sur cette partie-là. Je m’occuperai des enfants et elle pourra prendre le temps de récupérer »
, explique Wilfrid Hounkpatin. Il insiste sur sa volonté de lui permettre de se reposer et de l’accompagner.
Le droitier assume aussi un changement de regard sur ses priorités.
« J’ai juste envie de profiter de ce congé pour être présent pour ma famille, pour ma femme. Je trouve que c’est important aussi. La famille, pour moi, est devenue ma priorité. Pendant longtemps, je l’avais un peu mise de côté »
, confie-t-il. Il estime désormais qu’il faut prendre soin de ces moments avec les proches.
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Une décision assumée malgré le vestiaire et les critiques possibles
Au sein du vestiaire montpelliérain, l’annonce de ce congé paternité a d’abord surpris. Certains joueurs ont cru à une blague en entendant la nouvelle. L’information est finalement remontée jusqu’au directeur du rugby du MHR. Celui-ci a pris le temps d’échanger avec le pilier droit après avoir été informé par le responsable juridique du club.
Selon le joueur, la réaction interne a été plutôt ouverte. Il raconte que Bernard Laporte s’est montré assez compréhensif.
« Il a noté les dates et m’a dit qu’on verrait comment on ferait au moment venu »
, a-t-il indiqué. Cette attitude a conforté le pilier dans son choix familial.
Wilfrid Hounkpatin sait que sa décision peut faire parler en dehors du club. Il se montre pourtant détaché face aux éventuelles critiques.
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« Ça me passe au-dessus de la tête. Je pense que ça fera peut-être parler sur le moment. Après, les gens oublieront. Ce sera anecdotique »
, affirme-t-il. Il répète vouloir avant tout être présent pour sa famille.
Conséquences sportives et financières pour le pilier montpelliérain
Ce congé paternité aura un impact concret sur la saison de Montpellier. Le pilier droit devrait manquer trois rencontres lors de cette période. Il est annoncé absent le 28 novembre contre l’UBB, puis le 12 décembre face aux Bulls en Coupe d’Europe. Il devrait aussi manquer le déplacement du 19 décembre à Clermont.
Une incertitude subsiste toutefois sur une date intermédiaire. Wilfrid Hounkpatin pourrait en effet être présent le 5 décembre. Ce jour-là, Montpellier doit recevoir La Rochelle en Champions Cup. Sa participation dépendra du calendrier précis de son congé et de la situation familiale.
Le choix du pilier a également un coût personnel sur le plan financier. Il a expliqué qu’il s’attendait à une baisse sensible de sa rémunération.
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« Je vais perdre peut-être la moitié de mon salaire »
, a-t-il reconnu. Malgré cela, il considère que ce sacrifice est justifié par l’importance de sa famille.
Un choix familial qui s’inscrit dans un parcours marqué par la justice
Cette décision intervient dans un contexte personnel particulier pour Wilfrid Hounkpatin. Le 3 avril 2024, il a été condamné à douze mois de prison avec sursis probatoire de deux ans. Cette condamnation faisait suite à des violences conjugales commises le 8 janvier de la même année. Il a dû suivre des soins psychologiques et un stage de sensibilisation aux violences intrafamiliales.
Après cette affaire, le pilier a rejoint Montpellier pour poursuivre sa carrière. Le club lui a offert une seconde chance, comme l’avait expliqué le manager Joan Caudullo.
« Dans la vie, on a le droit à une seconde chance »
, affirmait alors le technicien. Le joueur dit aujourd’hui vouloir se concentrer pleinement sur sa famille.
Interrogé sur l’émotion liée à ce congé paternité, il a fait un parallèle avec son passé judiciaire.
« Souvent, on se dit que le rugby est le plus important mais on oublie l’essentiel. Ce sont des choix que je regrette un peu aujourd’hui. Après, il n’y a pas qu’un seul choix que je regrette dans ma vie (en référence à sa condamnation). Mais au moins, je n’aurai pas de regrets de ce côté-là »
, confie-t-il. Pour lui, cette démarche familiale s’inscrit dans une volonté de ne plus négliger ses proches.
Pour résumer: le pilier montpelliérain Wilfrid Hounkpatin va prendre un congé paternité de 28 jours, manquera plusieurs matches et assume un choix familial fort dans un parcours récemment marqué par une condamnation pour violences conjugales.

