Si les procédures judiciaires se multiplient au Royaume-Uni comme en France pour alerter sur le problème des commotions cérébrales, fléau du rugby, les instances de ce sport avancent peu de leur côté malgré leur volonté affichée de faire de la santé des joueurs leur priorité.
. Anglais et Gallois, les pionniers
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Anglais et Gallois ont tiré les premiers: en 2020, d’anciens sportifs professionnels atteints de commotions cérébrales, dont Steve Thompson, vainqueur du Mondial-2003 et qui a témoigné dans la presse souffrir de démence précoce, et Ryan Jones, ex-capitaine du pays de Galles, se sont lancés en justice.
Aujourd’hui, ils sont déjà plus de 275, représentés par le cabinet d’avocats Rylands Garth, à avoir engagé une action judiciaire à l’encontre de World Rugby, ainsi que des fédérations anglaise et galloise, en attendant un éventuel procès.
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Parmi eux, l’ancien international gallois Alix Popham, atteint à seulement 43 ans d’une encéphalopathie traumatique chronique, une maladie neurodégénérative qui peut survenir chez les personnes ayant des antécédents de traumatismes crâniens multiples, craint que « les mamans et les papas n’envoient plus leurs enfants à l’entraînement ».
« Le neurologiste m’a dit que n’importe quel joueur ayant joué plus de quatre ans de rugby au haut niveau souffrira de troubles cérébraux », avait-il expliqué dans un entretien à l’AFP.
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A ces noms illustres, se sont récemment ajoutés une cinquantaine d’ex-joueurs amateurs outre-Manche, dont l’objectif est d’obtenir des dommages-intérêts pour eux-mêmes et leurs familles afin d’essayer de rendre le sport plus sûr pour les générations futures.
. En France, un début de prise de conscience
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Faisant suite aux démarches judiciaires intentées au Royaume-Uni, une vingtaine d’anciens joueurs ayant évolué dans les championnats français entre 2003 et 2022, dont les internationaux canadien Jamie Cudmore et néo-zélandais Carl Hayman, avaient annoncé fin novembre qu’ils comptaient déposer début 2023 un recours devant la justice administrative contre la Fédération française de rugby (FFR) et la Ligue nationale (LNR).
Leurs avocats affirment que « la survenance des différents troubles affectant » leurs clients (lésion cérébrale permanente, démence précoce, épilepsie post-traumatique, maladie de Parkinson, dépression), « aurait pu être évitée » si ces instances, organisatrices des compétitions en France, « avaient rempli leurs obligations respectives de sécurité, de prudence, de diligence et d’information ».
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Dans un entretien à l’AFP, l’ex-joueuse de Rennes Sarah Chlagou, contrainte d’arrêter le rugby après deux commotions en 2019, avait confié qu’à la moindre contrariété, elle avait « l’impression de (se) transformer en Hulk: je me sentais sombrer dans la folie ».
Or depuis, selon leurs avocats Nino Arnaud et Foucauld Prache, « la FFR et la LNR n’ont pas entamé la moindre démarche tendant à établir un quelconque rapprochement avec nos clients, ni (…) le moindre dialogue quant aux situations et aux revendications de fond de ces derniers ».
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« Dans ce contexte (…), nous n’avons pas d’autre choix que de mettre en oeuvre les procédures envisagées, affirment-ils à l’AFP. Il s’agira donc d’obtenir, par les juridictions administratives, la reconnaissance des manquements de la FFR et de la LNR » et ce, « dans l’intérêt de l’ensemble des pratiquants ».
. Les instances assurent être mobilisées
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En début d’année, dans la perspective du Mondial en France (8 septembre – 28 octobre), le président de World Rugby, l’Anglais Bill Beaumont, avait affirmé dans une lettre ouverte avoir fait de 2022 une année focalisée « sur le bien-être » des joueurs.
En 2023, avait-il promis, seront entreprises « des recherches indépendantes (…) autour de nos études sur les protège-dents intelligents ».
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Dans une déclaration commune, FFR et LNR, tout en prenant acte de ces démarches judiciaires, ont assuré que « la santé des joueurs, amateurs et professionnels (était leur) priorité ».
Dernière action en date, oeuvre commune du ministère des Sports et du nouveau président de la FFR Florian Grill: le lancement d’un plan de sensibilisation global à la règle 9, alinéa 11 de World Rugby, selon laquelle « les joueurs ne doivent rien faire qui soit imprudent ou dangereux pour autrui ».
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