En Seine-Saint-Denis, du « job dating » sur un terrain de rugby

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Bobigny, 11 juin 2023 (AFP) – « On en oublie qu’on est là pour trouver du travail », plaisante Damien, couvert de sueur, à la fin d’un « job dating » sortant de l’ordinaire, qui a mis en relation demandeurs d’emploi et employeurs en les faisant jouer ensemble au rugby, en Seine-Saint-Denis.

Comme lui, environ 130 personnes se sont réunies ce jeudi de printemps au stade Henri-Wallon de Bobigny.

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Parmi eux, une centaine de demandeurs d’emploi, rattachés aux agences Pôle emploi de Bobigny et de Pantin, ainsi que 18 recruteurs travaillant pour 12 employeurs différents, tels McDonald’s, la RATP, le groupe de nettoyage Elis…

Les participants ont été répartis dans quinze équipes, sans qu’ils ne sachent qui est qui. Seul le prénom de chacun est inscrit sur son dossard.

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Toute la matinée, recruteurs et demandeurs d’emploi participent à des ateliers de rugby pour « se découvrir autrement » et déceler chez chacun des compétences transférables du milieu sportif au milieu professionnel.

« Quand on apprécie de faire du sport avec quelqu’un, on se dit qu’il y a de fortes chances que ça se passe tout aussi bien au travail », commente Cécile Rackette, sous-préfète de Seine-Saint-Denis, venue avec « une palette très étendue » d’offres pour des postes de contractuels.

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« On recrute pour des métiers qui ne nécessitent pas de diplômes particuliers, c’est avant tout l’état d’esprit qui nous intéresse », renchérit Julien Engel, qui cherche notamment à embaucher des techniciens de maintenance pour la filiale de la société Elis à Pantin.

Coorganisée par la Fédération française de rugby, la journée s’inscrit dans le cadre du dispositif « Du stade vers l’emploi », qui met en relation demandeurs d’emploi et employeurs de secteurs en tension, au travers de pratiques sportives.

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Plusieurs fédérations sportives se sont alliées pour ça à Pôle emploi et au Comité d’organisation des Jeux olympiques.

Lancé en 2018 dans les Hauts-de-France, le dispositif, qui revendique un taux de retour à l’emploi de 70% au bout de trois mois, essaime peu à peu dans toute la France.

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– « Moins de stress » –

« Le rugby se prête particulièrement bien à l’exercice puisque c’est un sport qui nécessite un vrai travail collectif », estime Philippe Castan, bénévole à la Ligue Île-de-France de rugby, dépendante de la FFR.

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Jeu de passes, lift en touche, paquito… « Chaque atelier permet d’en savoir plus sur les qualités humaines de chacun, comme l’entraide, la prise d’initiative, la persévérance », affirme Jérôme Lamanda, conseiller technique à la FFR.

Sous une trentaine de degrés, encouragements et cris de joie retentissent dans tout le stade.

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« On s’éclate tous ensemble », s’amuse Damien, 35 ans, qui cherche un emploi dans la restauration. « Au début de la journée, tout le monde est un peu réservé, on voit peu de sourires, mais le sport met rapidement tout le monde à l’aise », constate aussi Philippe Carpentier, directeur territorial délégué de Pôle emploi en Seine-Saint-Denis.

Une fois la matinée sportive finie et un déjeuner partagé, vient la levée de l’anonymat. Les recruteurs se lèvent de table et dévoilent leur identité, sous les cris de stupéfaction d’autres participants.

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Chacun présente, micro en main, son entreprise et les emplois qu’il propose, puis s’ensuit le « job dating ».

« On s’est rapprochés grâce au sport – on s’appelle par nos prénoms, on se tutoie – donc l’échange est beaucoup plus naturel que lors d’un entretien d’embauche », avance la sous-préfète Cécile Rackette.

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« Il y a beaucoup moins de stress », confirme Aïcha, 51 ans, qui cherche du travail dans les transports. « Et puis on n’a pas eu besoin d’aller chez le coiffeur ou de se prendre la tête sur les vêtements qu’on doit mettre, c’est bête mais ça enlève un poids ».

Philippe Carpentier plaide que, grâce au dispositif, « des personnes qui n’auraient peut-être même pas été convoquées pour un entretien si les recruteurs ne se basaient que sur le CV réussissent à se démarquer ».

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© 2022 AFP

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