« Le rugby, ce n’est pas que de la communication, du vernis », estime mardi dans un entretien à l’AFP l’ancien centre international Didier Codorniou, candidat à la présidence de la Fédération, en évoquant « l’échec cinglant » du XV de France au Mondial-2023.
QUESTION: Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans cette campagne?
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REPONSE: « D’abord par le biais de rencontres de présidents, d’anciens internationaux. Et puis il y a eu ce moment très fort, le Mondial-2023, que j’ai vécu avec beaucoup de passion mais aussi beaucoup de frustration (le XV de France a été éliminé en quarts de finale par l’Afrique du Sud 29-28, NDLR). Et ça a déclenché en moi plusieurs questionnements: +Qu’est-ce que je pourrais apporter à cette équipe de France, au rugby amateur?+. Donc c’est une sorte de cheminement, quasiment de démarche philosophique, qui me fait aujourd’hui me positionner comme prétendant. Par nature, je suis un homme très consensuel et je pense être en capacité de pouvoir rassurer ce monde qui souffre aujourd’hui, un monde où la marque +Rugby+ a été abîmée. Et puis je suis avant tout un passionné, donc, c’est aussi une façon de rendre ce que le rugby m’a apporté. »
Q: Quelle est votre analyse sur l’état du XV de France?
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R: « Sur cette Coupe du monde, je pense que les joueurs ont été fragilisés avec tout ce qu’il s’est passé autour (les affaires judiciaires de l’ancien président Bernard Laporte, NDLR). C’est un échec cinglant et il faut en tirer les leçons. Il n’y pas de place pour ceux qui veulent se mettre en pleine lumière. Il y a eu des problèmes d’ego, à tous les niveaux. Or, pour gagner une Coupe du monde, il faut de l’humilité, de la force, du mental et du caractère. Le rugby, ce sont les fondamentaux, on a tendance un peu à l’oublier. Et le rugby, ce n’est pas que de la communication, du vernis. Il y a une profondeur d’âme à aller chercher. »
Q: Comment allez-vous jongler entre vos différents mandats politiques (Didier Codorniou est maire PRG de Gruissan et premier vice-président de la région Occitanie) et la FFR?
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R: « J’ai toujours assumé mes orientations professionnelles, politiques ou sportives, je suis un homme de défis. Le moment venu, le 19 octobre au soir, je prendrai mes responsabilités et je serai à 100% président de la Fédération si je suis élu. »
Q: La FFR connaît de graves difficultés financières: comment pensez-vous y remédier?
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R: « Déjà, je voudrais décentraliser les moyens, rééquilibrer le pouvoir entre les Ligues et les comités départementaux. Pour moi, la FFR n’est pas en faillite, elle a des fonds propres qui avoisinent les 100 millions d’euros donc je ne pense pas que la situation soit aussi alarmante que veut bien le dire le président par intérim (Florian Grill, NDLR). »
Q: Vous avez envoyé des questionnaires à tous les présidents de clubs pour établir un programme: quels en sont les premiers enseignements?
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R: « Ils me disent qu’ils ne s’en sortent pas: trop de sollicitations, trop de paperasse… Pour moi, il n’y pas assez de liens entre le monde professionnel et le monde amateur, il y a un vrai décalage, notamment sur les valeurs du rugby. Et moi, j’apporte un message de rassemblement, de construction et également d’innovation. Je voudrais lancer un +plan Marshall+ sur les infrastructures, porté par les collectivités, l’État, l’Agence nationale du sport et la FFR. »
Q: Quels sont les autres chantiers sur lesquels vous vous pencherez?
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R: « Le rugby féminin déjà, car les pratiquantes sont les plus belles ambassadrices du rugby par leur jeu, par cette façon de jouer. Elles sont aussi les mamans de demain qui vont accompagner leurs enfants en leur disant que c’est certainement le plus beau sport au monde. Autres chantiers: l’arbitrage, le bénévolat et la laïcité; le rugby dans les écoles, qu’on a délaissé, et enfin la souffrance des joueurs, avec notamment les thèmes de l’alcool et de la drogue. Ce sera un programme sur quatre ans mais il faut qu’on aille vite car on a déjà perdu beaucoup trop de temps. »
Propos recueillis par Laure BRUMONT
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