Pierre Mignoni raconte sans détour la décompensation qui l’a récemment frappé. Mis à l’arrêt pendant trois semaines, le directeur du rugby du RC Toulon décrit une fatigue extrême, liée à une surcharge de travail et à une routine qu’il qualifie lui-même de dantesque.
Un rythme dantesque jusqu’à la rupture
Dans son récit sur Rugbyrama, Pierre Mignoni insiste sur la longueur de ses journées. Il explique se lever à cinq heures du matin, être au bureau une vingtaine de minutes plus tard, puis repartir parfois à 18 heures, parfois à 22 heures. Ce rythme était devenu sa norme.
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Il parle d’une surcharge de travail qu’il a sentie arriver, tout en reconnaissant cette tendance à se croire au-dessus de la mêlée.
« Même si on a toujours cette sensation d’être un surhomme, on se dit que ça va aller… On s’occupe des autres, on s’oublie. »
Pour Pierre Mignoni, ce n’est pas une simple défaite qui a provoqué la chute. Il évoque une charge mentale écrasante, bien plus lourde que le travail sur le terrain. Il résume ainsi l’épisode:
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« Ce n’est pas tant la charge de travail sur le terrain qui est lourde, c’est la charge mentale. (…) Non, c’est mon corps qui m’a lâché. »
Pierre Mignoni face à la décompensation et à la fatigue extrême
Le technicien parle de décompensation et décrit des symptômes marquants. Il raconte des difficultés à se lever, des vertiges avant un match, au point que le médecin a suspecté un AVC et prescrit une IRM cérébrale.
La phase d’arrêt a été radicale.
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« Là, j’ai dormi cinq jours d’affilée. C’est assez effrayant. Tes enfants te regardent, ils ne te voient pas sortir de la chambre, ne reconnaissent pas leur père. Je mangeais et je redormais, jour et nuit. »
Progressivement, Pierre Mignoni a dû réapprendre des gestes simples. D’abord sortir de sa chambre, descendre manger, puis marcher quelques pas dans le jardin. Ensuite, il a enchaîné de petites marches, jusqu’à des sorties de 2h30, pour clarifier sa réflexion.
Il souligne le rôle déterminant de son entourage. Il cite le médecin du club, son président, un coach-conseiller, mais aussi sa famille. Tous l’ont aidé à se mettre sur pause et à réfléchir à son avenir, ainsi qu’à sa capacité à revenir.
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Revenir différemment et mettre la santé mentale au centre
Requinqué, Pierre Mignoni affirme vouloir continuer son métier, mais mieux. Il insiste sur la nécessité de déléguer davantage à son staff et de laisser plus de place à ses adjoints et à ses joueurs. Il admet qu’il doit mieux organiser ses journées et s’interdire certaines choses pour éviter une rechute.
Le manager toulonnais insiste aussi sur l’importance de la santé mentale dans le rugby.
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« La santé mentale fait partie des choses qu’il faut traiter. Celle des joueurs est fondamentale. Celle des coaches aussi. »
Il rappelle que le Top 14 est un championnat fabuleux, mais aussi difficile, et que cet aspect doit être pris en compte dans tout l’écosystème.
Enfin, Pierre Mignoni assure ne pas voir dans cet épisode un signe de faiblesse. Il estime au contraire revenir plus fort, avec une vision plus claire et la volonté de mieux s’occuper des autres, mais aussi de lui-même.
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Pour résumer: en exposant sa décompensation et sa fatigue extrême, Pierre Mignoni met en lumière la violence de la charge mentale dans le rugby professionnel et affirme vouloir poursuivre son métier en préservant davantage sa santé.

