Brive Mont de Marsan : entame foudroyante et match plié en 40 minutes
Dans un Stadium Amédée-Domenech bouillant, Brive Mont de Marsan a tourné à la démonstration. Dès la 2e minute, Sidobre trouve la brèche au pied des poteaux et lance la soirée (7–0). La dynamique ne faiblit pas. Dridi conclut une sortie de main limpide (14–3, 14e), puis la machine corrézienne déroule : Van der Merwe valide un maul conquérant (21–3, 18e), avant que Da Silva n’imite ses avants sur schéma identique (28–3, 21e). En face, les Montois multiplient les fautes en touche et subissent les collisions. Logiquement, le CAB empile encore avant la pause, jusqu’à un 42–3 à la mi-temps, symbole d’une première période à sens unique. Rien n’est laissé au hasard : conquête, rythme, précision gestuelle et occupation au pied maîtrisée.
Le maul, arme fatale : quatre essais, zéro contest
Clé du match, le maul briviste a grignoté des mètres à chaque pénaltouche. Les timings sont justes, les liaisons propres et la vitesse d’exécution déstabilise la défense landaise. Résultat : Van der Merwe, Da Silva puis Boudou (doublé en fin de match) punissent au tableau d’affichage. Systématiquement, Brive fixe au près, attire la garde, puis choisit : insister au cœur ou élargir si l’axe se ferme. Montois à la peine sur les repères, mêlées hachées, touches perdues à répétition : la plateforme offensive du CAB a vécu une soirée idéale.
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Brive Mont de Marsan : Shillcock en métronome, Tisseron en accélérateur
Autre facteur décisif : la précision de Jamie Shillcock. L’ouvreur frôle le parfait avec 9 transformations réussies sur 10, et a même cru s’offrir un essai personnel (finalement annulé à la vidéo pour un en-avant en amont). Ce sang-froid entretient l’écart et valide chaque temps fort. Derrière, Tisseron met le feu en seconde période : accélération plein champ, cinq défenseurs battus, essai solitaire (56–10, 65e). Entre maîtrise au pied, alternance des zones et finition chirurgicale, l’animation offensive a fait la différence du début à la fin.
Réaction montoise trop tardive, mais révélatrice
Bien sûr, Mont-de-Marsan a eu son sursaut. Après un long temps fort, Cortes aplatit et Loustalot transforme (42–10, 54e). Toutefois, la séquence résume la soirée stadiste : domination stérile, fautes de main près des lignes et indiscipline chronique. Même avec des séries de pick and go, la barrière corrézienne a tenu. Puis, Brive est reparti : Affane sur nouveau maul (49–10), Tisseron en percussion, et Boudou pour clore le festival (68–10).
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Pour résumer, Brive Mont de Marsan illustre l’écart du soir : un CAB clinique en conquête et au pied, une finition redoutable et un contenu constant. En face, trop d’approximations et d’indiscipline pour espérer rivaliser. Le score (68–10) raconte une histoire simple : quand le maul avance, que le 10 règle la mire et que les extérieurs finissent, la soirée vire au récital.

