Pro D2 Grenoble: « On va le chercher »

« On va le chercher »

Mais quelle fin de match de la part des Grenoblois ! Menés 12 à 6 depuis l’heure de jeu après l’essai en contre des Neversois, on voyait mal comment les Grenoblois allaient pouvoir revenir dans la partie en raison des quelques scories au moment d’assurer de la continuité dans le jeu. De plus, plus les minutes s’égrenaient et plus les Bourguignons sentaient poindre une victoire, somme toute logique au regard des trois ou quatre occasions qu’ils s’étaient procurées durant la partie. Quant aux Grenoblois bien présents en défense et dans le combat, ils n’ont eu que deux occasions en première mi-temps, sans pour autant être franches, puisqu’elles se situaient tout juste à l’entrée des 22 m, ce qu’ils leur avaient permis d’ouvrir le score sur la première des deux.

Au cours du premier acte, les deux équipes essayent de développer leur jeu, surtout Nevers qui décident de porter le ballon, qui tentent de franchir le rideau défensif isérois en envoyant les avants taper sur la ligne d’avantage. L’équipe de Xavier Péméja se refuse d’utiliser le jeu au pied pour occuper ou pour mettre la pression, elle redoute les contres des arrières grenoblois qu’ils affectionnent depuis quelques matchs comme contre Béziers ou Aix. Face aux assauts bourguignons, la défense iséroise tient bon sans se mettre à la faute et arrive à faire reculer leur adversaire. Sur le premier jeu au pied des Nivernais, Grenoble récupère le ballon à la retombée et file le long de la touche, enchaîne une bonne séquence qui met à la faute les Neversois à l’entrée des 22 m. Enzo Selponi passe la pénalité. Grenoble est bien entré dans son match. Nevers ne tarde pas à répliquer en mettant à la faute les isérois, mais décide d’aller en touche. Après une très bonne défense grenobloise sur les premières tentatives, la troisième pénaltouche fera mouche, ce qui permet à Nevers de reprendre le score après 15 minutes de jeu. Les deux équipes se lancent dans un combat féroce pour tenter d’occuper le camp de leur adversaire sans pour autant prendre le dessus. Cependant, Grenoble est plus agressif dans le jeu au sol, est plus rapide au contest, obtient deux pénalités à 50 m et 40 m en face des poteaux, sans pour autant les convertir, et finalement, la troisième tentative sera la bonne. Grenoble vire en tête à la pause d’un tout petit point : 5-6. Interrogé par Romain Magellan, consultant à Canal + et un ex-pilier grenoblois, Jean-Charles Orioli estime que Grenoble doit rester au contact le plus longtemps possible, puis pourquoi pas, le moment venu, arriver à porter un bon coup pour prendre l’avantage.

C’est, effectivement, ce qu’il va se produire jusqu’à l’heure de jeu, mais ce sont les Bourguignons qui vont porter l’estocade. Et, pourtant, plus le temps s’écoulait et plus Grenoble commençait à faire déjouer les jaune et bleu. Puis, suite à un départ au ras, après une bonne sortie de mêlée, Grenoble se fait contrer. Et c’est Nevers qui marque un essai assassin en contre-attaque. Le coup est rude pour les hommes de Stéphane Glas, le match vient de basculer en faveur des Bourguignons. Pire, encore, dix minutes plus tard, Déon Fourie écope d’un carton jaune après avoir écroulé un maul pénétrant. Pénalité à 20 m, pratiquement en face des poteaux. Le buteur local Loïc Le Gal tente de la convertir pour mettre son équipe à l’abri d’un retour des Grenoblois. Echec à la grande surprise générale du staff nivernais, quelque peu anxieux sur le bord de la touche.

À 15 à 6 à moins de dix minutes du terme, la victoire de Nevers était quasiment assurée. Il n’en sera rien. Grenoble, sentant que la chance était de leur côté, après ce coup du sort, remet la main sur le ballon et livre les dernières forces dans la bataille. Faute de Nevers à 45 m. les 3 points pour revenir dans le bonus défensif ou la pénaltouche pour le gain du match ?  Sur le bord du terrain, Stéphane Glas hurle : « On va le chercher ». Remonter à bloque par leur manager, les Grenoblois prennent la pénaltouche. Une bonne prise à deux mains, le maul avance, faute de Nevers qui écroule. Nouvelle pénaltouche, de nouveau une faute. Carton jaune pour faute cynique de Fabrègue. Nouvelle pénaltouche. Le maul avance, s’écroule de nouveau, le ballon ressort rapidement. Jérôme Rey, le pilier gauche entré dans les 20 dernières minutes et dont on connaît la force de pénétration dans la ligne, arrive à repousser son défenseur et s’écroule au pied des poteaux ! Essai suivi de sa transformation. Mais quel retournement de situation : 12-13. Il reste une minute. Sur le renvoi, Grenoble se saisit du ballon et termine la partie après une série de cache -ballon. Victoire de Grenoble après un finish incroyable. Décidément, avec Grenoble, il faut s’attendre à tout. Mais, si la manière n’y est pas toujours, il faut reconnaître que, ce qui caractérise le plus cette équipe depuis le début de saison, c’est son état d’esprit, sa force mentale et cette capacité à marquer dans les derniers instants : 9 essais marqués dans les dix dernières minutes.

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