Oyonnax Béziers a offert un scénario à rebondissements au Stade Charles-Mathon. Menés à la mi-temps et réduits à quatorze après un carton rouge, les Oyomen ont trouvé les ressources pour renverser Béziers et s’imposer 35-24. Ce succès arraché en fin de match permet aux Aindinois d’intégrer le top 6, tandis que les Biterrois glissent à la 14e place d’un classement toujours plus serré en Pro D2.
Un début de match ouvert et spectaculaire
La rencontre démarre très fort. Dès la 2e minute, Stark profite d’un jeu au pied de Bouraux et aplatit en coin pour lancer parfaitement les siens. Même si la transformation fuit les perches, le ton est donné avec un premier essai rapide. Béziers réagit aussitôt. Sur un maul bien structuré, Pauta conclut en force et remet les deux équipes à hauteur avant que Marques ne passe la transformation. Le rythme reste élevé, les deux camps enchaînent les séquences offensives et les turnovers. Recor profite ensuite d’un cafouillage dans l’en-but oyonnaxien pour inscrire un deuxième essai opportuniste, validé après appel vidéo. Les Aindinois répondent par la puissance de leur pack avec un maul conquérant conclu par Narisia, déjà très en vue.
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Oyonnax Béziers bascule après le rouge de Narisia
Le tournant de la première période intervient peu après la demi-heure de jeu. Sur un plaquage à la tête, Narisia écope d’un carton rouge direct. Oyonnax se retrouve en infériorité numérique alors que Béziers vient tout juste d’inscrire son troisième essai, signé Fincham au terme d’une remontée de près de 80 mètres. Malgré ce coup dur, les Oyomen restent au contact. Bouraux ajoute une pénalité juste avant la pause pour ramener le score à 15-17. À la mi-temps, les visiteurs mènent, mais rien n’est figé. Le résumé du premier acte tient en quelques mots : réalisme biterrois, indiscipline coûteuse pour l’USO, mais une résistance remarquable malgré le carton rouge.
Une seconde période tendue, entre réalisme et usure
Au retour des vestiaires, Béziers semble reprendre la main. Abescat conclut une séquence de puissance en bout de ligne et porte l’écart à 24-15 après la transformation d’Anon. Pourtant, cette avance ne casse pas la dynamique locale. L’entrée de Holmes change la donne au pied, tandis que le banc oyonnaxien apporte de la fraîcheur. Sur une longue séquence à proximité de la ligne, Rotuisolia ramasse le ballon et marque en force. La transformation de Holmes relance le suspense. Ensuite, les Oyomen confisquent le ballon. Ils campent dans les 22 mètres biterrois, multiplient les temps de jeu et obtiennent plusieurs pénalités. Holmes manque une première tentative, mais il rectifie le tir sur la suivante et ramène les siens à une longueur.
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Qadiri et Holmes scellent une fin de match renversante
La fin de rencontre devient irrespirable. Béziers tente de reprendre un peu d’air au pied, avec deux drops manqués de Dreuille. De son côté, Ruru dicte le tempo et trouve même un 50-22 monumental qui fait basculer le rapport de force. Sur une nouvelle séquence offensive, la passe du demi de mêlée n’est finalement pas jugée en-avant et Qadiri file aplatir en coin l’essai du break. Holmes transforme et offre enfin l’avantage à Oyonnax. Dans les dernières minutes, Béziers pousse encore, mais une pénalité longue distance convertie par l’ouvreur oyonnaxien scelle définitivement le score à 35-24. Les Aindinois peuvent savourer un succès arraché « aux forceps », selon le ton général des commentaires, tant l’infériorité numérique aurait pu tout faire basculer dans l’autre sens.
Un succès fondateur pour l’USO, un avertissement pour Béziers
Au-delà du score, cette victoire valide la capacité d’Oyonnax à gérer un contexte défavorable et à s’appuyer sur un banc impactant. Le pack a répondu présent dans les moments clés, la charnière a su s’ajuster, et les trois-quarts ont exploité la moindre opportunité. De son côté, Béziers peut regretter de ne pas avoir mieux capitalisé sur sa supériorité numérique et sur ses quatre essais, dont ceux de Pauta, Recor, Fincham et Abescat. Cette défaite laisse les Héraultais dans une zone dangereuse, où chaque point manqué peut compter lourd. Dans une Pro D2 extrêmement dense, ce Oyonnax Béziers pourrait peser dans les mémoires au moment du sprint final.
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