Un derby francilien sous tension à Jean-Bouin
Stade Français Racing 92 opposait un quatrième du Top 14 à 33 points à un Racing 92 dixième à 28 unités, dans un Jean-Bouin plein et glissant. D’entrée, les Ciel et Blanc ont posé leur empreinte devant. Sur une succession de percussions et un maul puissant, Nathan Hughes a conclu en force dès la 7e minute. La transformation manquée laissait toutefois Paris dans le match. Réaliste, le Stade Français a répondu par la botte de Louis Carbonel, précis à 22 mètres face aux perches pour ramener le score à 3-5.
Le Racing 92 a ensuite monopolisé le ballon dans le camp parisien. Les avants ont enchaîné les charges dans l’axe et Seunes a concrétisé cette longue séquence par un drop plein centre, portant l’écart à 3-8. Mais Paris a trouvé de l’air sur la touche et le jeu au pied d’Abadie. Sur un maul dévastateur proche de l’en-but francilien, les Racingmen ont multiplié les fautes. Après un écroulement d’Escobar, déjà averti par l’arbitre, Pierre Brousset a accordé un essai de pénalité au Stade Français. Le carton jaune pour le talonneur et les dix points parisiens ont totalement relancé ce Stade Français Racing 92 enflammé (10-8).
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La fin de première période est restée tendue, marquée par les duels dans les airs et un gros combat en mêlée. Les cartons ont commencé à tomber des deux côtés, symbole d’un derby rugueux. « On a eu des ambitions au début, on marque mais on fait aussi trop de déchet », a résumé Baudonne au micro à la pause. De son côté, Abadie insistait sur la lucidité à garder : il rappelait qu’il fallait « jouer chez eux » dans ces conditions difficiles. A la mi-temps, Paris menait 10-8 mais rien n’était fait.
Stade Français Racing 92 : un final irrespirable
Au retour des vestiaires, le bras de fer s’est encore durci. Les deux équipes ont multiplié les échanges au pied et les approximations sous les chandelles. Le Racing 92 a pris progressivement l’ascendant devant, profitant des pénalités concédées par les Parisiens. Sur un nouveau temps fort dans les 22 mètres, le pack francilien a avancé dans l’axe avant que Seunes ne trouve Gaël Fickou dans l’intervalle. Le centre a aplatit pour redonner l’avantage aux visiteurs, transformation à l’appui (10-15).
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Cependant, le Stade Français a refusé de lâcher. Après une faute de Sanconnie en position de hors-jeu, Carbonel a réduit l’écart à 13-15 sur pénalité. Pourtant, le Racing 92 a frappé encore une fois. Sur une mêlée à dix mètres de la ligne parisienne, côté fermé, Carbonneau a combiné avec Seunes puis Hulleu. L’ailier a profité de l’espace extérieur pour filer en coin et marquer le troisième essai ciel et blanc. Avec la transformation manquée, l’écart montait tout de même à 13-20 à dix minutes du terme.
La fin de ce Stade Français Racing 92 a alors basculé dans le scénario fou. Paris a investi le camp du Racing, porté par l’entrée de Macalou et la puissance de ses avants. Un plaquage haut de Manu sur Barré a valu un carton jaune à l’ailier francilien, offrant une nouvelle pénaltouche aux locaux à cinq mètres de l’en-but. Le maul s’est structuré, a avancé, puis Carbonel a de nouveau trouvé la touche proche de la ligne après une pénalité supplémentaire. Sous les poteaux, les Parisiens ont pilonné la défense. Macalou a d’abord été stoppé à quelques mètres, avant que Giorgi Melikidze ne s’arrache en force pour marquer à la 80e+5.
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Face aux perches, Carbonel n’a pas tremblé et a offert le match nul 20-20 au public de Jean-Bouin. Ainsi, le Stade Français reste invaincu à domicile et arrache un point précieux au classement, tandis que le Racing 92 pourra nourrir des regrets après avoir mené de sept points en fin de match. Pour résumer, ce Stade Français Racing 92 a tenu toutes ses promesses, entre duel d’avants, cartons, mauls décisifs et un final irrespirable jusqu’à la sirène.

