Le décor : un Stade Rochelais sous pression
Au soir de la 4e journée, Marcel-Deflandre attendait une réaction dans ce match entre La Rochelle et Perpignan. La Rochelle, bousculée en première période par une défense catalane disciplinée, a finalement arraché une victoire bonifiée (31-8). Le scénario n’a pas été linéaire : menés à la pause, les Jaune et Noir ont corrigé la mire après la reprise pour inscrire trois essais et verrouiller le match.
Premier acte catalan : Granell frappe, Aprasidze punit
Le début est haché, les deux équipes se jaugent au pied. Perpignan dégaine le premier éclair : sur la médiane, Forner casse deux plaquages et décale Maxim Granell, qui dépose Niniashvili et aplatit en coin (0-5, 10’). Gela Aprasidze manque la transformation, mais ajoute une pénalité pleine axe (0-8, 15’). La Rochelle répond par un mouvement léché : sortie rapide de Nolann Le Garrec, passe allongée de Bollengier, et Jules Favre conclut en coin (5-8, 17’). Le Garrec transforme de loin (7-8, 17’), puis la suite vire au bras de fer. Malhabiles au sol, les Rochelais concèdent des pénalités et peinent à enchaîner. À la sirène, Perpignan garde la main grâce à sa défense et à son jeu d’occupation : les visiteurs virent logiquement devant à la pause (8-10).
Le tournant : l’occupation et le pied de Le Garrec
Dès le retour des vestiaires, la dynamique change. Chandelle de Le Garrec, faute de l’USAP, et la pénalité offre l’avantage à La Rochelle (10-8, 43’). Les locaux prennent le camp, enchaînent les touches près de l’en-but et posent la main sur la mêlée. La bascule s’accentue à l’heure de jeu : le pilier géorgien Giorgi Tetrashvili reçoit un carton jaune pour avoir écroulé un maul (51’). En infériorité, Perpignan craque.
Jégou puis Penverne assomment l’USAP
Sur une série de « pick and go » à cinq mètres, Oscar Jégou plonge dans l’en-but pour le deuxième essai rochelais (15-8, 53’), transformé par Le Garrec (17-8). La Rochelle insiste, récupère la touche adverse et, après une première tentative stoppée à un souffle de la ligne, Louis Penverne force la porte en puissance avec l’appui de Lavault (22-8, 56’). Le Garrec passe encore (24-8). Dans le sillage, l’USAP tente de relever la tête, mais perd trop de ballons dans les 40 mètres rochelais. Les entrées de Levani Botia, Jack Nowell et Peceli Yato densifient l’impact rochelais. Un grattage de Botia (70’) puis un autre de Ritchie côté catalan entretiennent le suspense, sans faire bouger l’écart.
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Le bonus, in extremis : Botia en patron
La fin de match se joue près de l’en-but perpignanais. West enchaîne les pénaltouches à cinq mètres, mais l’alignement catalan vole encore un lancer (78’). Dernière cartouche : maul lancé, écroulé par l’USAP. Nouvelle tentative au ras, puis appel au pack : à 36 ans, Botia aplatit en coin le quatrième essai (29-8, 80’). Le Garrec, impeccable au pied après la pause, transforme du bord (31-8, 80’+1). Le Stade Rochelais valide ainsi un succès bonifié « à l’arrachée », selon la formule du bord de terrain, tant il a fallu de patience et de rigueur pour briser le verrou catalan.
Les enseignements
La Rochelle a gagné en précision après la mi-temps : occupation, conquête, discipline. Les entrants ont pesé. Le duo Le Garrec–West a dicté le tempo. À l’inverse, Perpignan a livré une première période pleine mais a subi l’usure et l’infériorité numérique. L’USAP a été solide en mêlée par séquences et réaliste en début de match, toutefois les pertes de balles dans les 22 rochelais et les pénalités concédées après l’heure de jeu ont coûté cher. Au bilan, le tableau d’affichage reflète l’emprise du second acte et la capacité des Maritimes à finir fort devant leur public.

