Le Stade Toulousain a vécu une soirée à la fois émouvante et maîtrisée lors de la réception du Racing 92 en Top 14. La rencontre a été marquée par le retour à la compétition d’Antoine Dupont et par le dernier match de Pita Ahki sous le maillot rouge et noir. En seconde période, le leader du championnat a aussi livré une véritable démonstration de force. En confiance, le club haut-garonnais a profité de l’indiscipline francilienne et d’une supériorité numérique longue durée pour s’imposer largement. Par conséquent, il a pu offrir un hommage appuyé à l’un de ses cadres des sept dernières saisons.
Une première période tendue, entre hommage et bascule disciplinaire
Avant même le coup d’envoi, Pita Ahki est entré seul sur la pelouse pour sa dernière apparition avec le Stade Toulousain. Il a reçu une ovation totale, sous des milliers de pancartes à son nom dans les tribunes. Après sept ans à Toulouse, sept titres majeurs remportés – cinq de champion de France et deux d’Europe – et 157 matchs disputés, le centre tourne une page majeure de l’histoire récente du club.
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Sur le terrain, le Racing 92 démarre mieux et ouvre le score dès la 6e minute grâce à Seunes (0-3), sur une première pénalité. Toulouse réagit par Meafou, auteur du premier essai après une touche bien négociée (5-3, 16e), même si Ntamack manque la transformation. Les Franciliens restent dans le match mais multiplient les fautes. À la 33e minute, ils ont déjà concédé six pénalités. Leur mêlée est en grande difficulté, notamment face à Bamba, sanctionné à plusieurs reprises.
Juste avant la pause, le match bascule. Ravutaumada reçoit un carton jaune (39e) pour une faute de trop. Puis, après la sirène, un arbitrage vidéo révèle un coup de tête de Tarrit sur Elias. Le talonneur du Racing « a pété un plomb » et se voit infliger un carton rouge direct. L’arbitre sanctionne ce geste « totalement déplacé ». Dans la foulée, Toulouse inscrit un nouvel essai et vire à la mi-temps avec 13 points d’avance. Le Stade Toulousain bénéficie aussi d’une nette supériorité numérique, même si, comme le souligne le commentaire, il « n’a pas surclassé le Racing 92 » dans le jeu sur ces 40 premières minutes.
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Stade Toulousain : retour de Dupont, festival offensif et bonus assuré
Au retour des vestiaires, le Racing 92 repart à 13 et le Stade Toulousain en profite immédiatement. Elias marque en force dès la 41e minute, comme une forme de « vengeance » après le geste de Tarrit, et Ntamack transforme (15-3). La mêlée francilienne continue de souffrir, les pénalités s’enchaînent et Toulouse prend le large. Ensuite, Remue signe un essai de 60 mètres, parti de ses 40 mètres pour aller tout droit en éliminant plusieurs défenseurs (20-3, 48e). Ntamack ajoute une nouvelle transformation (22-3).
Antoine Dupont fait alors son grand retour en Top 14, plus d’un an après sa rupture des ligaments croisés en mars. Il entre sous une ovation d’Ernest-Wallon. Sa présence est décrite comme une excellente nouvelle pour le Stade Toulousain et pour le rugby français. Le Racing réagit toutefois par un essai de Hulleu après un contre ruck et une pénalité vite jouée (22-10, 52e-53e). Mais Tuisova écope à son tour d’un carton jaune pour un plaquage haut sur Gourgues, blessé sur l’action.
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À 15 contre 13, Toulouse déroule. Lebel redonne le bonus offensif (27-10), puis s’offre un doublé sur un jeu au pied par-dessus « superbe » de Dupont, qui le propulse seul en tête du classement des marqueurs (34-10, 63e). De plus, Capuozzo marque en coin après un ballon ayant flirté avec la ligne de touche (41-10, 67e). Ntamack enchaîne les transformations et porte le score à 43-10. Ensuite, Castro Ferreira ajoute un nouvel essai en force (48-10). En face, Seunes se distingue par un petit festival au pied et une chistera qui amènent l’essai de Taofifenua (48-17, 72e). Néanmoins, les Ciel et Blanc restent privés de ballon et subissent une pression constante.
Soirée d’adieux pour Ahki et avertissement pour le Racing 92
Au-delà du score fleuve, cette rencontre restera comme la dernière de Pita Ahki avec le Stade Toulousain. Le centre néo-zélandais, qui va rentrer chez lui après avoir marqué l’histoire du club, quitte Ernest-Wallon sous une standing ovation. Son ultime tentative au pied se solde par un échec symbolique, pourtant le public savoure ce moment. Son départ « laissera forcément un vide » dans un groupe triple champion en titre. Ce même groupe enchaîne un quatrième succès consécutif et prend encore un peu plus le large en tête du classement.
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Pour le Racing 92, cette soirée met en lumière une indiscipline chronique et une incapacité à exister à l’extérieur. Cela vaut malgré une récente victoire à domicile contre Bayonne. À la mi-temps, Leo Carbonneau reconnaissait déjà au micro de Canal+ : « On avait parlé de la discipline avant le match. Là, il va falloir qu’on redouble d’efforts pour essayer de rester au contact au score. » Avec un carton jaune, un rouge et une mêlée « terrassée », la formation francilienne voit ses difficultés confirmées. Elle vise pourtant le top 6 avant de basculer sur la Coupe d’Europe.
Pour résumer : le Stade Toulousain signe une large victoire ponctuée du retour d’Antoine Dupont, d’un bonus offensif et d’un hommage appuyé à Pita Ahki. En revanche, le Racing 92 repart d’Ernest-Wallon avec des regrets, plombé par la discipline et une infériorité numérique fatale.
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