Toulouse-La Rochelle, une histoire de cartons

Toulouse-La Rochelle, une histoire de cartons

Dans une partie où les infériorités numériques ont beaucoup compté, les cartons rouges reçus juste après la pause et à l’heure de jeu par les piliers rochelais Uini Atonio et Reda Wardi ont fini par faire la différence en faveur de Toulouse (39-23), comme en 2021 en Champions Cup.

Pendant une mi-temps, il y a eu match entre les deux meilleures équipes post-Covid, quatre fois championnes d’Europe, souvent en finales l’une contre l’autre avec les Toulousains à chaque fois vainqueurs.

L’histoire retiendra que l’hégémonie rouge et noire s’est poursuivie à Bordeaux avec, comme en 2021, des faits de jeu qui ont largement pesé dans la balance.

Il y a trois ans, Levani Botia avait définitivement quitté ses partenaires après 27 minutes. Vendredi soir, Atonio, pour un plaquage un peu trop haut avec épaule au niveau de la tête de son partenaire en sélection Thibaud Flament, a été pris par la vidéo (43e) alors que les siens menaient (20-15) grâce à deux ballons portés irrésistibles.

C’était la clé pour prendre le meilleur sur les coéquipiers d’Antoine Dupont, sûrement la seule option avec le tonnage des Atonio, Will Skelton et Grégory Alldritt en l’absence notamment du néo-international tricolore Emmanuel Meafou côté rouge et noir.

A ce moment-là, Toulouse avait aussi franchi deux fois la ligne maritime, en profitant à plein du carton jaune, déjà, adressé à l’ailier anglais Jack Nowell pour une faute cynique (18e).

Déjà qu’à quinze, c’est compliqué d’affronter Toulouse, alors si un être vous manque, ça devient mission quasi impossible.

Wardi, frustré, craque –

Les Rochelais l’ont payé en l’espace de quatre minutes avec un deuxième essai de l’Argentin Juan Cruz Mallia servi en coin par Dupont (48e) – auteur de trois passes décisives – et un contre gagnant de son compatriote Santiago Chocobares sur un dégagement sous pression de Brice Dulin (52e).

A 14, La Rochelle a montré des ressources, comme souvent en pareil cas avec l’enjeu, débouchant sur cette mêlée à cinq mètres de la ligne du nouveau champion d’Europe mais avec introduction en sa faveur.

Mais la puissance du pack jaune et noir, greffée dans son ADN, n’a pas suffi cette fois, l’arbitre Tual Trainini sanctionnant les Rochelais comme un tournant palpable de ce choc encore indécis.

Frustration d’un côté, chambrage de l’autre, Reda Wardi a fini par craquer et a été pris par la patrouille pour un léger coup de tête adressé à Julien Marchand avec qui il pousse en première ligne chez les Bleus (61e).

« Franchement, je suis dégouté, a réagi le demi d’ouverture Antoine Hastoy sur Canal +. On fait le taf en première mi-temps. Tout le monde avait envie de très bien faire, peut être trop. Ce n’est pas cet engagement qu’on veut car au final ça pénalise toute l’équipe ».

Ce double handicap, que les hommes de Ronan O’Gara ont tenté de limiter en enchaînant comme ils ont pu les mauls concentrant le maximum de toulousains, est devenu rédhibitoire et il n’y a plus eu de match quand Thomas Ramos a porté le score à +9 (32-23) dix minutes plus tard.

Dans une fin de match échevelée aux espaces devenus automatiquement plus grands, l’entrant Mathis Lebel, alerté par une passe au pied de son ami Romain Ntamack, en a mis une dernière couche pour un score final bien sévère pour le club à la caravelle.

© 2024 AFP

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