Les demi-finales de la Coupe du monde féminine de rugby ont offert un spectacle contrasté, entre l’efficacité clinique de l’Angleterre face aux Bleues et l’exploit majuscule du Canada contre les championnes du monde néo-zélandaises. Deux matches, deux scénarios, mais un même constat : la hiérarchie mondiale se dessine avec force.
Les Bleues courageuses mais dépassées
La France a résisté longtemps mais a fini par céder face à l’Angleterre (17-35). Devant un public conquis à Bristol, les Tricolores ont alterné séquences courageuses et fautes rédhibitoires. Elles ont même mené par moments, grâce à l’abnégation d’un pack combatif et la vista de Pauline Bourdon-Sansus. Mais face aux impacts anglais, la lucidité a fini par manquer. Gaëlle Mignot l’a résumé sans détour : « On entre en zone de marque mais on ne conclut pas nos actions. On sait que sur ce style de match, l’erreur coûte cher. »
À lire aussi | XV de France : Matthieu Jalibert confirme son statut dans le Tournoi
Le réalisme anglais fait la différence
Les Anglaises ont imposé leur puissance et leur rigueur. Emily Scarratt et ses coéquipières ont fait mal dans chaque ruck, transformant la moindre opportunité en points. Ellie Kildunne, rayonnante, a signé des courses tranchantes qui ont semé le trouble. Les Roses n’ont pas laissé d’espace et ont exploité chaque approximation française. « Elles nous ont étouffées en imposant leur rythme », a confié une joueuse tricolore après la rencontre. Ce succès propulse l’Angleterre vers une nouvelle finale mondiale.
Un échec aux allures de répétition
Pour la quatrième fois consécutive, les Françaises échouent aux portes de la finale. La générosité ne suffit pas, l’attaque reste trop stérile et les manques de discipline au sol coûtent trop cher. Marine Ménager a reconnu la frustration collective : « C’est notre ADN, nous savons qu’il faut franchir un cap dans le domaine offensif. Aujourd’hui, cela n’a pas été suffisant. » Les Bleues joueront le match pour la troisième place avec l’espoir de finir sur une note positive.
À lire aussi | La presse anglaise : « Il y a rarement eu une plus belle édition de « Le Crunch » »
Le Canada fait tomber les Black Ferns
L’autre demi-finale a offert un véritable séisme : le Canada a dominé la Nouvelle-Zélande (34-19). Compactes, organisées et inspirées, les Nord-Américaines n’ont jamais laissé respirer les championnes en titre. Dès les premières minutes, elles ont pris l’ascendant grâce à une mêlée conquérante et une défense sans faille. Les essais rapides ont assommé des Black Ferns incapables de répondre avec leurs armes habituelles.
Une performance collective majuscule
Portées par Sophie de Goede et Alexandra Tessier, les Canadiennes ont livré un récital d’intensité et de précision. Justine Pelletier a orchestré le jeu au pied avec brio, maintenant la pression constante. « On savait qu’il fallait tenir chaque ruck et rester patients. Ce succès appartient au groupe », a déclaré de Goede avec émotion. Face à des Néo-Zélandaises brouillonnes et sanctionnées à répétition, les joueuses du Canada ont validé leur place en finale avec panache.
À lire aussi | Six Nations : les Bleuets arrachent le Grand Chelem au bout du suspense face aux Anglais
Une finale de Coupe du monde féminine inédite et prometteuse
L’affiche est désormais connue : l’Angleterre affrontera le Canada pour le titre mondial. Les Roses partiront favorites, fortes de leur expérience et de leur efficacité redoutable. Mais les Canadiennes ont prouvé qu’elles pouvaient renverser n’importe quel adversaire, même les Black Ferns, sextuples championnes du monde. La finale promet donc un duel de styles : la rigueur anglaise contre la fougue nord-américaine.
Pour résumer
La France, courageuse mais trop indisciplinée, s’incline face à l’Angleterre (17-35) et disputera la petite finale. Le Canada crée la sensation en dominant la Nouvelle-Zélande (34-19) et rejoint pour la première fois la finale. Le rugby féminin entre dans une nouvelle ère, avec une finale inédite.
À lire aussi | Six Nations : Le match France-Angleterre bat des records d’audience

