Béziers Colomiers a tenu ses promesses d’affiche entre un Béziers 13e et un Colomiers 2e : intensité, essais et un vainqueur net, 43–22 pour les visiteurs. Très vite, l’USC a frappé. D’abord par la botte de Théo Giral (0–3, 2e), puis sur une interception de Rodrigo Marta, parti de la médiane pour un essai de 50 mètres (0–10, 8e). Béziers a tenté de répondre au pied, sans réussite d’entrée, et a surtout buté sur l’alignement columérin, dominateur en touche. Dès lors, la première période a filé au rythme d’une équipe visiteuse sûre d’elle, lucide dans les zones de marque et adroite face aux perches.
Colomiers prend la main et ne tremble pas
Autour de la 20e minute, Colomiers a encore accéléré. Giral a passé deux pénalités (3–13, 22e ; 3–16, 23e, après un drop lointain d’Alexandre Borie). Puis le pack a enfoncé le clou : touche captée par Nicolas Martins, maul en marche et essai de Thomas Lachaud (3–21, 27e), déjà. La transformation a suivi (3–23, 28e). Béziers s’est alors retrouvé à quatorze après un carton orange contre Sias Koen pour plaquage dangereux (31e). Malgré cette infériorité, les Biterrois ont réagi par l’orgueil : percée d’Hugo Aubry, finition de Samuel Marques (8–26, 35e). Hélas pour eux, Colomiers a remis la même recette juste avant la pause, maul maîtrisé et doublé de Lachaud (8–31, 41e).
À lire aussi | ProD2, Clément ANCELY (Béziers) après la défaite à Mont de Marsan : "On manque trop de précision".
Béziers Colomiers : le tournant de la mi-temps
Au micro de Canal+, le capitaine biterrois n’a pas masqué sa frustration : « On n’est pas rentrés dans le match… On doit montrer un autre visage ». L’analyse collait au terrain. L’ASBH a manqué trop de lancers, cinq touches volées avant l’heure de jeu. Dans l’autre camp, l’USC a alterné intelligemment : occupation au pied, pression dans les airs et phases statiques propres. Cette maîtrise a gelé toute tentative de retour rapide. Pourtant, Béziers a mieux entamé le second acte. L’alignement a retrouvé des prises, la mêlée a arraché des pénalités, et le jeu s’est campé dans les 22 adverses. Mais la bascule est restée columérine grâce à une défense coordonnée et à quelques grattages clés.
Le pack bleu et blanc scelle le bonus
À la 50e, l’USC a plié la rencontre : longue séquence près des poteaux, Ugo Séguéla en chef d’orchestre, et Robin Bellemand qui conclut en force (8–36). Bonus offensif provisoire, logique au regard de la conquête. Béziers a ensuite tenté le tout pour le tout. Marques a joué vite, Aubry a relancé et l’ASBH a menacé le bonus adverse. Malgré tout, Colomiers a continué de voler des ballons en touche et de gratter au sol. La gestion du vent, favorable en première période, a aussi pesé : les dégagements précis de Giral ont constamment repoussé les Biterrois loin de la zone de marque.
À lire aussi | Pro D2 : Mont-de-Marsan fait plier Béziers après un final offensif maîtrisé
La révolte biterroise, puis l’ultime estocade
Le stade Raoul-Barrière a vibré en fin de partie. Shahn Eru a d’abord trouvé la faille au ras (13–36, 76e). Puis Thomas Canaleta a enfoncé au près et aplati pour sauver l’honneur collectif (20–36, 79e). Marques a transformé ces essais et mené les offensives, mais le mal était fait plus tôt : trop d’indiscipline et de munitions perdues. Et, comme souvent, la punition est tombée sur une dernière séquence. Théo Giral a d’abord échappé un ballon sous pression, puis s’est rattrapé de belle manière : lecture parfaite sur une passe biterroise, interception et essai (22–41, 80e+1), qu’il a lui-même transformé (22–43). Le score final reflète l’écart de maîtrise du soir.
Ce que dit ce 22–43
D’abord, Colomiers confirme sa solidité collective : réussite au pied, densité sur les mauls, variations au milieu du terrain et efficacité sur les rares ballons d’attaque rapide. Ensuite, Béziers sait sur quoi s’accrocher. La mêlée a obtenu des pénalités, les finisseurs ont apporté de l’énergie et la révolte n’a pas manqué. Mais l’alignement doit se remettre à l’endroit. Quand cinq lancers partent de travers ou sont chipés, on s’expose. La discipline reste le deuxième chantier, avec des fautes au sol qui ont offert des points faciles et des sorties de camp à l’adversaire. Enfin, ce match rappelle une évidence de PRO D2 : l’occupation et la précision sous pression dictent l’issue. Colomiers a coché ces cases du début à la fin. Béziers devra les valider dès la prochaine journée pour éviter de retomber dans le doute et rester au contact du ventre mou. La saison est longue, certes, mais chaque détail compte.
À lire aussi | Pro D2 : Brive fait preuve de réalisme et s’impose sur la pelouse de Colomiers
Pour résumer, Béziers a joué par séquences, Colomiers a joué juste. Le tableau d’affichage, 22–43, résume une forme d’autorité bleue et blanche. L’USC repart avec un succès bonifié et des certitudes. L’ASBH, lui, repart avec des regrets, quelques réponses positives et un plan de travail clair : sécuriser la touche, tenir ses promesses dès le coup d’envoi et capitaliser sur l’énergie de ses leaders. C’est ainsi que Béziers transformera une frustration en élan.

