Pour lutter contre les insultes, les menaces et les commentaires malveillants visant joueurs et arbitres sur les réseaux sociaux, les instances du rugby misent de plus en plus sur l’intelligence artificielle (IA) afin de détecter, masquer, voire supprimer ces messages.
Récemment, c’est par exemple l’ailier de Clermont Alivereti Raka qui en a été la victime, et qui a vu son compte Instagram pollué par des insultes après une défaite (le 25 février) face à Toulouse en Top 14.
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« J’ai tout de suite ressenti de la colère. Ce message était destiné à me faire du mal. Qu’on parle de rugby, dire que je suis nul, je m’en fous! Mais insulter mes parents en disant qu’ils sont handicapés, ce qui est faux, ou me souhaiter une grave blessure, j’ai été choqué », a fustigé le joueur dans L’Equipe, laissant même entendre que sous le coup de la colère il avait envisagé de « tout arrêter ».
Pour lutter contre ce phénomène, les organisateurs du Tournoi des six nations, la plus grande compétition de rugby de l’hémisphère Nord, avaient lancé cette année une campagne de signalement contre le cyberharcèlement auprès du public, et conclu dès août 2023 un accord avec l’entreprise Arwen « pour filtrer, masquer, supprimer et, le cas échéant, signaler des messages haineux ».
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– « Restaurer un échange sain » –
Utilisé dès le Mondial-2023 (en septembre-octobre) par cinq fédérations (Ecosse, Angleterre, Irlande, pays de Galles et Italie), cet outil permet, grâce à l’intelligence artificielle, de masquer automatiquement les commentaires malveillants postés sous leurs publications sur les réseaux sociaux.
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L’objectif: « restaurer un échange sain entre les équipes et leurs supporters », a souligné auprès de l’AFP Matthew McGrory, PDG d’Arwen: « Notre outil collecte les commentaires et les fait passer dans 25 modèles d’intelligence artificielle adaptés en fonction de ce que les différents clients souhaitent détecter ».
Du côté du XV de France, l’outil de modération Bodyguard, utilisé depuis le Tournoi des six nations 2023, fonctionne de la même manière: les messages de spam ou jugés comme malveillants par l’intelligence artificielle sont masqués automatiquement.
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Et si la part de messages hostiles ne représentait qu’un peu moins de 2% des commentaires pendant le Tournoi, ce sont les emails indésirables, faisant la promotion d’arnaques en tout genre et représentant 12% des commentaires, qui polluent les publications de France Rugby sur les quelque 60.000 commentaires analysés sur les différents réseaux sociaux.
« Rien que pour les spams, on ne peut pas s’en passer », confie-t-on du côté du pôle réseaux sociaux de la Fédération (FFR).
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Pouvant également être pris pour cible, les comptes des joueurs des Bleus n’ont pas été ajoutés au dispositif pendant le Tournoi mais certains d’entre eux avaient été intégrés à l’outil lors du Mondial.
Les acteurs du jeu reçoivent aussi des messages insultants et des menaces sur leurs messageries privées –des contenus non modérés à l’heure actuelle par les outils d’intelligence artificielle.
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– Poursuites judiciaires –
En plus de détecter et de masquer les contenus haineux grâce à ces dispositifs, les fédérations peuvent ensuite signaler ces contenus aux plateformes.
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Pendant la Coupe du monde de rugby en France, Signify Group, une entreprise qui utilise l’IA pour protéger les individus contre les abus en ligne, a surveillé plus de 900 comptes d’équipes, de joueurs et d’arbitres.
Grâce à cette surveillance, plus de 1.600 comptes ont été signalés aux plateformes « entrainant la suppression de 90% des contenus les plus graves », a annoncé fin janvier World Rugby. Des poursuites judiciaires ont également été lancées.
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« Ceux qui harcèlent ou menacent les joueurs, les officiels de match ou leurs familles doivent comprendre que leurs actes auront des conséquences », a souligné l’arbitre Wayne Barnes, lui-même victime de cyberharcèlement après avoir officié lors de la finale du Mondial-2023 remportée par l’Afrique du Sud face à la Nouvelle-Zélande (12-11).
« Mais, en réalité, à moins que le contenu soit absolument illégal, les réseaux sociaux ne prennent pas vraiment d’actions contre ces messages et leur suppression peut prendre plusieurs jours », regrette le PDG d’Arwen Matthew McGrory.
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Avec des plateformes submergées par les commentaires malveillants, les masquer est la meilleure alternative, à l’heure actuelle, pour protéger les acteurs du rugby du cyberharcèlement, assure-t-il.
© 2024 AFP
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