Dans les rues de Suva, la capitale des Fidji, des conversations enflammées et pleines d’espoir tournent autour du Mondial de rugby en France, alors que l’équipe nationale est en passe de rallier les quarts de finale pour la première fois depuis 2007.
« Ils peuvent le faire, et je leur fais confiance pour le faire », assure, plein d’entrain, Sairusi Tokaniono, vendeur à la sauvette dans les rues de cette ville de 75.000 habitants, située sur l’île principale de l’archipel du Pacifique.
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Les « Flying Fijians » n’ont besoin que d’un point dimanche contre les modestes Portugais (21h00) pour s’assurer une place parmi les huit meilleures nations du monde et rééditer ainsi les exploits de 1987 puis surtout 2007, en France déjà, quand ils avaient atteint les quarts (défaite 37-20 face à l’Afrique du Sud) après avoir battu le pays de Galles 38-34 en poule.
« C’est très inspirant, on ne s’attendait pas à ce qu’ils aillent aussi loin », explique à l’AFP Carletta Yee, 16 ans, capitaine de l’équipe de rugby de son école, qu’elle a emmenée en finale du tournoi scolaire national cette année.
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– Sport national –
Le rugby est le sport le plus populaire aux Fidji, où la Fédération estime que 60.000 adultes le pratiquent alors que 20.000 enfants en font à l’école. Dans un pays d’un peu plus de 900.000 habitants, près de 9% de la population y joue.
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Et le beau parcours des insulaires en France depuis début septembre a tout pour renforcer cet attrait pour le sport national: après avoir décroché un succès historique à Twickenham contre l’Angleterre en match de préparation (30-22), les Fidjiens ont dominé l’Australie lors de leur deuxième match de poule (22-15) avant de venir à bout de la Géorgie (17-12).
Ils n’ont été battus que par les Gallois (32-26), au terme d’un match intense qu’ils auraient bien pu remporter, alors que Semi Radradra a laissé échapper la balle de match dans les tout derniers instants.
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« Depuis ce match, j’ai compris qu’ils avaient ce qu’il fallait pour aller jusqu’en quart, et même plus loin », affirme, à des milliers de kilomètres de là, Sairusi Tokaniono.
Un avis que partage Wise Liwaiono, patron du pub irlandais le « O’Reillys » dans le centre de Suva, où de nombreux écrans géants diffusent les rencontres du Mondial.
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« Tout le monde a vu que les Fidji auraient dû gagner contre le pays de Galles, (…) ça a renforcé l’engouement », estime-t-il.
– Nouvelle philosophie –
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« Avant ce Mondial, tout le monde était un peu perplexe », ajoute-t-il, alors que le sélectionneur Simon Raiwalui s’est passé de plusieurs joueurs expérimentés pour constituer son groupe, comme le demi d’ouverture de 32 ans Ben Volavola.
Mais Raiwalui a su créer une dynamique et modifier le jeu, jadis spectaculaire et basé sur les envolées des fusées de la ligne arrière, de sa formation, dans un pays où le rugby à VII domine -l’équipe masculine fidjienne a remporté les deux médailles d’or olympique depuis l’entrée de ce sport aux JO.
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A XV, les Fidjiens sont désormais plus réalistes, capables de proposer un rugby plus varié, signe de la progression de leur sélection.
« Beaucoup d’équipes auxquelles nous faisons face ont de bien meilleures infrastructures, plus de ressources, alors qu’elles sont très limitées chez nous, tout comme le niveau de nos entraîneurs (…), mais ça ne nous a jamais arrêtés », assène la jeune Carletta Yee.
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Comme ses compatriotes, elle devrait être devant le dernier match de la phase de groupes lundi matin à 07h00 locales, à plus de 17.000 kilomètres du Stadium de Toulouse où les « Flying Fijians » tenteront de valider leur billet pour les quarts de finale.
Pour le patron de bar Wise Liwaiono, l’aventure ne fait que commencer.
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« Les gens ont confiance maintenant, pour dire que l’équipe peut aller en quart, en demi, ou même en finale », dit-il, avant d’ajouter: « Ça peut arriver, rien n’est impossible. »
© 2023 AFP
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