Près de la moitié des joueurs italiens opposés à la France vendredi à Lyon lors du Mondial-2023 sont nés et ont été formés à l’étranger, une force pour ce jeune groupe prometteur qui profite pleinement de cette diversité d’expériences.
C’est à y perdre son latin. A l’entraînement de la « Nazionale », sur la pelouse du stade Pierre-Rajon de Bourgoin-Jallieu, on entend toutes les langues.
À lire aussi | Christophe Urios : « On doit mieux faire »
De l’italien bien sûr, parlé par pratiquement toute l’équipe – « Tout le monde essaie », assure le troisième ligne Giovanni Pettinelli -, du français, quand Ange Capuozzo, Martin Page-Relo et Tommaso Allan, qui a évolué à Perpignan – il y retournera à l’issue du Mondial – s’entraînent à botter, de l’anglais, de l’espagnol et même de l’afrikaans.
Parmi les 33 joueurs retenus pour disputer la Coupe du monde en France avec l’Italie, 13 sont nés et ont été formés à l’étranger.
À lire aussi | Stade Français : Louis Carbonel relativise la large victoire contre le LOU
Ils sont souvent issus de la diaspora italienne, comme Capuozzo, né du côté de Grenoble, en France, ou Page-Relo, natif du département français du Gers.
Mais d’autres ont des parcours plus exotiques, comme l’ailier Paolo Odogwu, né en Angleterre d’une mère nigériane et d’un père italo-nigérian, ou comme le troisième-ligne David Sisi, né en Allemagne, aux racines anglaises, écossaises et italiennes.
À lire aussi | Maxime Lucu : « On s’est dit qu’on était capable de le faire à 23 »
La palme du melting-pot revient certainement à Sebastian Negri: né au Zimbabwe d’un père italo-polonais et d’une mère anglo-zimbabwéenne, l’avant capable d’évoluer en deuxième ou en troisième ligne, a appris le rugby en Afrique du Sud.
D’autres joueurs, comme les Néo-Zélandais Hame Faiva et Toa Halafihi et l’Australien Monty Ioane, bénéficient du règlement international les autorisant à jouer pour l’Italie après avoir évolué trois ans dans le championnat italien.
À lire aussi | Top 14 : le Stade Toulousain corrige Toulon au Vélodrome après un festival offensif
– Capuozzo chante Cutugno –
Pour les membres de la Squadra Azzurra, ce brassage humain n’est pas un frein à la cohésion, nécessaire pour bien figurer lors de la Coupe du monde.
À lire aussi | Nationale : Narbonne écarte Albi aux tirs au but et rejoint Nice en finale
« Quand on porte ce maillot bleu, on ne le fait pas à la légère. C’est un vrai privilège et un honneur de représenter l’Italie et de le faire avec des mecs d’horizons différents. C’est génial car tout le monde apporte son expérience et ses leçons de vie. C’est un point fort », explique Sisi.
« Vous devriez voir Ange (Capuozzo) chanter Toto Cutugno (chanteur populaire italien, NDLR). Ce n’est pas de la culture italienne, ça? », plaisante Giovanbattista Venditti, le manager de l’équipe.
À lire aussi | Six Nations : la France surclasse l’Écosse et signe une démonstration offensive à Édimbourg
« Avec la langue par exemple, ça n’a pas toujours été évident. Il a fallu créer une identité commune à ce groupe », nuance toutefois l’ancien ailier international (44 sélections).
« Mais (ce groupe) est composé de très jeunes joueurs qui jouent désormais ensemble depuis quelques années et qui ont des objectifs communs très clairs. Ça fonctionne: je crois que sur les deux dernières saisons, nous avons gagné le respect des plus grandes nations. Nous ne sommes pas encore la meilleure équipe d’Italie, le match face à la Nouvelle-Zélande (défaite 96-17) est là pour nous le rappeler, mais notre marge de progression est encore énorme », développe Venditti.
À lire aussi | Nationale : Nice domine Chambéry et file en finale
– Grande marge de progression –
Avec 27 ans d’âge moyen, l’Italie dispose du second groupe le plus jeune du Mondial à égalité avec la Géorgie, juste devant l’Australie (26,5 ans).
À lire aussi | Top 14 : Montpellier corrige Montauban et s’offre un large succès avec bonus offensif
C’est un choix du sélectionneur néo-zélandais de l’Italie, Kieran Crowley. Entraîneur de Trévise avant de prendre en main l’équipe nationale, il a bâti son groupe à partir des joueurs dont il disposait avec la franchise italienne. Sans se soucier d’où ils venaient.
« Ils ont énormément progressé », estime l’ex-centre ou arrière Andrea Masi, 95 sélections avec l’Italie. « Ils font déjà des choses intéressantes. Mais avec 30 ou 40 sélections en plus, lors de la prochaine Coupe du monde, ça ira beaucoup mieux. »
À lire aussi | Top 14 : Clermont surclasse Perpignan et s’offre un large succès au Michelin
Un bémol toutefois, soulevé par Gonzalo Canale, trois-quarts centre aux 86 sélections: « Nous avions de grands joueurs mais eux jouent mieux au rugby. C’est super pour le moyen terme. Mais, et je le dis d’autant plus que je suis né et formé en Argentine, qu’est-ce que cela dit de la formation italienne, indispensable pour durer au plus haut niveau? Tous ces joueurs sont formés hors d’Italie. Leurs bons résultats à venir ne doit pas exonérer la Fédération de se pencher sur la formation. »
© 2023 AFP
À lire aussi | Top 14 : Bordeaux-Bègles renverse Bayonne et arrache un succès fou à Jean-Dauger
Sexy Rugby : Boutique Rugby
