Dans la ligne arrière étincelante de Bordeaux-Bègles, le CV de l’arrière Romain Buros dénote: aucune sélection alors qu’il était des dernières tournées en Australie et au Japon, qu’il fréquente régulièrement les rassemblements des Bleus et enchaîne les performances de haut niveau.
La scène se passe fin janvier à l’issue de la phase de poules de Champions Cup passée brillamment par l’UBB, première de sa poule avec une victoire éclatante sur les Saracens (55-15) qu’elle retrouvera samedi en huitièmes de finale.
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A un journaliste qui vient le saluer, Noel McNamara, l’entraîneur en charge des trois-quarts girondins, demande: « Tu sais pourquoi Romain n’est pas pris en Bleu? »
« Hormis le fait qu’il ne bute pas, je ne vois pas », lui répond le journaliste sans satisfaire pleinement le technicien irlandais privé pendant le Tournoi des six nations de Maxime Lucu, Matthieu Jalibert, Louis Bielle-Biarrey, Damian Penaud, Yoram Moefana et Nicolas Depoortere. « Romain le méritait », estime McNamara.
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Dans les faits, comment lui donner tort? Buros vient alors d’inscrire quatre essais en quatre matches de Champions Cup, s’éclate au sein de cette ligne de feu surnommée « Patrouille de France », victorieuse de huit matches de rang avec 40 points de moyenne inscrits de fin novembre à fin janvier.
– Pas légitime pour buter –
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Les deux mois suivants, l’arrière bordelais de 26 ans et 128 matches au compteur, longtemps dépeint comme posé, réfléchi, mesuré, s’est mué en véritable leader pendant la période de doublons et même en capitaine à Montpellier.
« C’est assez drôle car même en jeunes, je ne l’ai jamais été, sourit-il. « C’est une fierté, une reconnaissance », mais ce n’est pas suffisant pour le combler.
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Buros sait que ses concurrents au poste d’arrière en Bleu butent tous. « Moi, je ne buterai jamais, concède-t-il à l’AFP. Tout simplement car pour buter aujourd’hui, il faut être à 80 ou 90 % de réussite. Je n’ai pas buté depuis jeune, ça ne s’apprend pas en claquant des doigts et en plus pour être buteur en club, il faut avoir une certaine légitimité. A moi de faire valoir d’autres qualités pour essayer d’intégrer le groupe différemment ».
Et elles sont nombreuses: sa faculté à sécuriser le fond du terrain et à lire les trajectoires des ballons sûrement née de sa pratique de la pelote basque dans sa jeunesse, ses courses croisées dans la ligne aperçues sur son essai contre Toulouse ou son jeu au pied « qui est devenu une de ses forces », selon Maxime Lucu.
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« Il est très travailleur, il reste beaucoup après les entraînements pour corriger ses défauts », complète le demi de mêlée.
– « Ne pas se morfondre » –
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« Je fais en sorte de progresser sur tous les secteurs du poste, résume Buros. Pas seulement pour l’équipe de France, mais pour être le meilleur arrière possible, surtout dans notre système à nous. L’objectif premier est de performer quand tu joues et de ne pas me morfondre parce que je ne suis pas dans les groupes France même si ça fait ch… ».
De là à devenir une obsession après avoir été une frustration après sa deuxième tournée en Bleu sans jouer en 2022?
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« C’est dur de dire que ce n’est pas une obsession, coupe-t-il. Quel joueur de rugby de Top 14 dit +Non, je n’ai pas envie d’être en équipe de France+? Ça serait mentir. Je fais du mieux que je peux, je trouve que je progresse mais maintenant ce ne sont pas mes choix de ne pas y être. J’aimerais y être forcément mais je ne me prends pas trop la tête, ça ne sert à rien ».
Jamais Buros n’a « eu de conversation avec le staff » des Bleus ni « d’avis objectif sur la situation parce que je ne sais pas ce que, eux, en pensent ». Il se satisfait pour l’heure de la confiance de ses entraîneurs, de son quotidien à l’UBB.
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« Le principal, c’est que moi je sois content de moi. Après j’espère qu’un jour, je porterai le maillot bleu », conclut-il
© 2024 AFP
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