Le Rugby Championship 2025 a brutalement mis en lumière la question des contrôles antidopage en Afrique du Sud, avec le cas positif d’Asenathi Ntlabakanye. Le pilier des Springboks, contrôlé lors d’un test inopiné, a été déclaré positif à une substance interdite non destinée à améliorer la performance. Il avait été écarté du groupe sud-africain avant le déplacement en Nouvelle-Zélande, puis réintégré durant la tournée de novembre.
Des chiffres en forte baisse en Afrique du Sud
Selon une enquête du Telegraph, basée sur les données de l’Agence mondiale antidopage, les tests réalisés par le South African Institute for Drug-Free Sport ont chuté spectaculairement. Ils sont passés de 785 contrôles en 2015 à seulement 127 en 2024, soit six fois moins. Dans le même temps, en Angleterre, le total a progressé de 998 à 1 241 tests, ce qui souligne le contraste.
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Cette baisse intervient alors que l’Afrique du Sud concentre, toujours selon le Telegraph, 89 cas de dopage sur la période, soit environ 20 % du total mondial dans le rugby. Avant Ntlabakanye, Elton Jantjies et Sbu Nkosi avaient déjà été suspendus plusieurs années pour dopage. Ces données nourrissent les interrogations autour du dispositif de contrôle sud-africain.
Rugby Championship: une alerte qui dépasse le seul tournoi
Les chiffres publiés montrent une tendance globale à la baisse des tests, mais l’ampleur du recul sud-africain interroge. Ross Tucker, scientifique du sport sud-africain et consultant de recherche pour World Rugby, réagit sans détour lorsque ces données lui sont présentées.
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« Ce n’est pas bon »
attribué à Ross Tucker, qui ajoute que
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« c’est dommage parce qu’il fut un temps, il y a dix ou quinze ans, où l’Institut sud-africain pour un sport sans drogue insistait vraiment avec ses tests ».
Les années Covid ont contribué à la baisse mondiale des contrôles, mais l’écart reste marqué. En 2020, 817 tests ont été réalisés au Royaume-Uni, contre seulement 66 en Afrique du Sud. Par ailleurs, World Rugby a effectué 2 182 tests dans le monde en 2024, son total le plus bas depuis 2015 hors années Covid.
Un système fragilisé par le laboratoire de Bloemfontein
Un élément clé concerne le laboratoire antidopage de Bloemfontein, seul site africain accrédité par l’Agence mondiale antidopage. Sa suspension en mars 2024, pour incapacité à répondre de manière satisfaisante à de multiples non-conformités, a encore freiné les contrôles. Déjà suspendu entre mai 2016 et septembre 2018, ce laboratoire avait alors provoqué une baisse des deux tiers des tests SAIDS.
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Sans cette structure, la SAIDS doit envoyer les échantillons à Doha ou Gand, ce qui renchérit les opérations, alors que les subventions gouvernementales n’augmentent pas. De son côté, World Rugby assure, via un porte-parole, que les joueurs sud-africains sont testés toute l’année, y compris hors compétition, à domicile, en Coupe du monde, en compétitions européennes de clubs et lors des tests d’automne.
Pour résumer: la chute des contrôles en Afrique du Sud, révélée jusqu’au Rugby Championship 2025, s’explique par des contraintes structurelles et financières, tout en alimentant les doutes autour d’un pays déjà très exposé aux affaires de dopage.
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