XV de France Nouvelle-Zélande

XV de France – Nouvelle-Zélande : ce que redoute vraiment Robertson

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À quelques jours du second test entre le XV de France et la Nouvelle-Zélande, Scott Robertson s’est livré longuement en conférence de presse. Entre admiration pour Fabien Galthié, inquiétude sur la finition de ses joueurs et malédiction persistante à Wellington, le sélectionneur néo-zélandais laisse entrevoir ses doutes… mais aussi ses ambitions.

XV de France Nouvelle-Zélande : « Ils ne lâchent rien »

Scott Robertson n’a pas masqué son respect pour les Bleus : « Ils n’ont jamais abandonné. Ce qu’on a vu à Dunedin, c’est une équipe jeune qui joue avec cœur et clarté sous pression. » Si les All Blacks ont gagné le premier test (31-27), ils ont été bousculés, parfois dominés mentalement. Le sélectionneur en est conscient : « On a créé beaucoup d’occasions, mais on n’a pas su finir. »

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Une autocritique rare chez les All Blacks

Durant près de 30 minutes face aux journalistes, Razor a décortiqué les lacunes de ses joueurs. « On a franchi 13 fois, on a battu 20 plaquages… mais on doit tomber amoureux de la finition. » Le mot revient souvent : finishing. Plus que le plan de jeu, c’est la précision sous pression qui lui pose problème. « On doit garder le ballon une phase de plus. On a tout pour réussir, mais il faut apprendre à conclure. »

Galthié dans sa tête ? « Non. Mais je le respecte profondément. »

Questionné sur la possible influence du stratège français, Robertson marque une pause. Puis sourit. « C’est un penseur du jeu. Ses lunettes reflètent bien sa personnalité. Mais non, il n’est pas dans ma tête. Je respecte ce qu’il a construit. » Pour autant, le coach néo-zélandais avoue avoir observé les Bleus durant l’échauffement, pendant que Galthié, lui, épiant les All Blacks. Une guerre silencieuse des cerveaux s’est déjà engagée à Dunedin.

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Wellington, le fantôme du passé

Dans le Sky Stadium, la pression est différente. « On est conscients de ce passif », glisse Razor, évoquant les défaites récentes des Blacks à Wellington contre l’Irlande ou l’Argentine. « On en discutera cette semaine. Ce lieu, on le respecte. Mais on doit faire mieux. » Les vents latéraux, la pluie et l’humidité de Wellington donnent souvent au ballon l’aspect d’une savonnette. « Ce sont ces conditions qui rendent le rugby si spécial », ajoute-t-il, presque poète.

Un plan de jeu à réinventer

Robertson n’a pas fait mystère de son intention de faire tourner. « Mon objectif était de faire jouer tout le monde. Les blessures, les résultats… ça change les plans, mais c’est l’intention. » L’absence de Sevu Reece et l’incertitude autour de Scott Barrett bousculent la ligne défensive. « Ce groupe est jeune, mais ceux qui entrent dans le système performent. C’est à nous de les y préparer. »

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Barrett, Jordan, Savea : des rôles à redéfinir

Beauden Barrett a mené la ligne avec maîtrise selon son coach : « Il a guidé le jeu, il peut encore progresser, mais il est en grande forme. » Son frère Jordie, lui, est décrit comme « un entraîneur-joueur », un cerveau qui lie le staff et les joueurs. Quant à Will Jordan ? « Il anticipe tout. On dirait qu’il sait où sera le ballon avant qu’il n’y soit. » Pour Razor, ces talents sont précieux, mais ils doivent s’exprimer davantage dans les moments clés.

Le XV de France, inattendu mais redouté

Robertson reconnaît que les Français ont surpris : « Ils n’avaient pas de cohésion maximale, mais beaucoup d’esprit. Et certains ont joué un vrai match de test. » Cette montée en puissance rapide inquiète le staff néo-zélandais. « Ils vont revenir avec le même engagement. À nous de les arrêter. »

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Un choc d’hommes et d’idées

Ce deuxième test, samedi à Wellington, ne sera pas qu’un match. C’est une confrontation d’approches. L’instinct néo-zélandais face à la stratégie française. La vélocité contre la rigueur. Et surtout, deux sélectionneurs respectueux mais méfiants l’un envers l’autre. Razor veut « une grande semaine », Galthié prépare, sans doute, un plan aussi imprévisible que le vent du Sky Stadium.

Pour résumer

Le deuxième test XV de France Nouvelle-Zélande dépasse le cadre sportif. Entre citations directes, autocritique rare et reconnaissance envers Galthié, Scott Robertson livre une vision lucide et humaine. Les All Blacks devront surmonter la pression, la météo et la malédiction de Wellington. En face, Galthié, maître du jeu, avance masqué…

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