Clairefontaine-en-Yvelines (France), 11 nov 2022 (AFP) – Sans eux, la fête n’aura pas lieu: la France manque totalement de stadiers alors qu’arrivent à grands pas la Coupe du monde de rugby puis les Jeux olympiques de Paris. Pour trouver les milliers d’agents de sécurité nécessaires, les jeunes sont la cible.
Mains dans les poches, démarche nonchalante mais les yeux écarquillés, une centaine de jeunes Parisiens venus pour certains de quartiers difficiles entrent dans un lieu emblématique du football, le camp des Bleus à Clairefontaine (Yvelines), pour une journée de « job dating » consacrée aux métiers de la sécurité privée.
« Le métier d’agent de sécurité est plus qu’une bonne voie, parce qu’il n’y en a pas », sourit Mustapha Abba-Sany, directeur général de S3G, société d’agents de sécurité basée au Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Avec lui, Pôle Emploi, la Direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS), l’association Pass’Sport pour l’emploi et la préfecture de la région Ile-de-France espèrent susciter des vocations en redorant le blason d’un métier dévalorisé.
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L’année prochaine se tiendra la Coupe du monde de rugby (8 septembre – 28 octobre 2023) avant le grand rendez-vous olympique et paralympique (26 juillet – 11 août 2024, 28 août – 8 septembre), pour lequel de 17.000 à 22.000 personnes seront nécessaires, selon Antoine Marmier, sous-préfet chargé des Jeux olympiques pour Paris.
– « 4.000 par trimestre » –
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« On forme actuellement 4.000 personnes par an et il faut qu’on en forme 4.000 par trimestre si on veut atteindre l’objectif d’avoir le nombre de personnes suffisant en matière de sécurité privée, qui est une force d’appoint par rapport aux forces de sécurité intérieure », explique M. Marmier à l’AFP.
Durant les quelques heures de présentation du secteur, la plupart des jeunes ont été attentifs et certains se sont même dit: « pourquoi pas ? ».
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« Au début, j’étais seulement attirée par l’endroit en lui-même », explique à l’AFP Rebecca, élève en lycée professionnel dans les métiers d’accueil.
« Et puis suite à l’intervention qu’on a eue, l’explication de tous les postes proposés, ça m’a beaucoup plus intéressée. Le fait d’ouvrir les portes aux femmes, de dire que le métier de sécurité, ce n’est pas uniquement pour les hommes musclés », sourit la jeune femme.
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« J’ai beaucoup aimé le fait que l’on puisse faire ça à temps plein ou à côté d’un autre travail. Le week-end, c’est bien pour les fins de mois », relate Célia, 23 ans.
Les femmes sont très peu représentées dans ce secteur d’activité. « Pour les matchs de rugby, 30% des spectateurs sont des femmes », rappelle Mustapha Abba-Sany, alors que les palpations ne peuvent être faites que par une personne du même sexe.
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– SMIC, nuits, tensions –
Même si les intervenants espèrent séduire les jeunes dans le centre magique du football, la profession continue à faire peur.
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« C’est une activité qui amène à rappeler ou à faire appliquer des interdits, des règles. Les agents et les agentes peuvent rencontrer des problématiques d’agression physique, beaucoup d’agressions aussi verbales. Ce n’est pas le quotidien mais c’est une réalité, donc il ne faut pas le nier », souligne le secrétaire fédéral prévention sécurité FO, Alain Bouteuloux.
A cela s’ajoute une dévalorisation du métier. Selon le délégué syndical, près de 80% des métiers de la sécurité privée sont payés au SMIC, avec une activité souvent les nuits et les week-ends où la majoration horaire ne dépasse pas les 10%.
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La région Ile-de-France a consenti un effort en doublant la prime pour la formation des demandeurs d’emploi dans les métiers de la sécurité, soit 2.000 euros.
Malgré tout, Yanis, lycéen de 19 ans, ne s’y projette pas: « le métier en soi ne m’intéresse pas énormément, c’est plus le cadre, l’environnement, le fait qu’on m’a dit Clairefontaine qui m’a plus motivé à venir ici ».
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Pour les organisateurs de cette journée qui alternait théorie et ateliers pratiques sur les pelouses d’entraînement de la sélection tricolore, « si on arrive à en avoir 10 ou 15 qui disent +ça m’intéresse, je m’engage dans un cursus+ alors on a gagné notre pari », conclut Barbara Chazelle, la directrice de la DRIEETS Paris.
© 2022 AFP
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