Nice, 17 sept 2023 (AFP) – L’Angleterre, arrivée à la Coupe du monde en plein doute, a fait un grand pas vers les quarts de finale avec une deuxième victoire en deux matches, dimanche à Nice contre le Japon (34-12), sans complètement rassurer sur ses capacités offensives malgré le bonus.
Qui aurait cru, lorsqu’ils ont conclu il y a trois semaines leur préparation estivale laborieuse par une défaite historique face aux Fidji à Twickenham (30-22), que les Anglais seraient les premiers à sentir aussi clairement le doux parfum des phases finales?
À lire aussi | La presse anglaise : « Il y a rarement eu une plus belle édition de « Le Crunch » »
Il leur reste encore deux matches à disputer dans le groupe D, dont ils ont pris les commandes avec neuf points, mais les néophytes chiliens et les Samoa semblent à leur portée.
« Le match a été compliqué, mais on s’y attendait face à une belle équipe du Japon, qui ne lâche jamais rien », a réagi à chaud le demi d’ouverture George Ford. « Il a fallu être patient pour faire la différence à la fin. Ce n’était peut-être pas très beau à regarder ».
À lire aussi | Six Nations : les Bleuets arrachent le Grand Chelem au bout du suspense face aux Anglais
Le succès inaugural sur l’Argentine (27-10), construit sur une défense de fer et la réussite au pied de Ford, avait permis de détendre l’atmosphère autour des finalistes de l’édition 2019.
Il n’avait toutefois pas suffi à balayer tous les doutes qui accompagnent cette équipe depuis des mois et sa soirée niçoise n’a pas apporté énormément plus de garanties, sinon celle d’une défense toujours imperméable.
À lire aussi | Six Nations : Le match France-Angleterre bat des records d’audience
Vainqueurs des Pumas sans avoir marqué un seul essai et n’avoir quasiment jamais été en position de le faire, les hommes de Steve Borthwick ont cette fois aplati à quatre reprises, mais le sort les a doublement bien aidés.
Le troisième ligne Lewis Ludlam, préféré dans le XV de départ à Billy Vunipola, de retour de suspension, a d’abord marqué en force après un cadeau de la touche japonaise (24e). Et le capitaine Courtney Lawes a été tout heureux de récupérer un ballon ayant rebondi sur la tête de son pilier Joe Marler (56e).
À lire aussi | La France s'impose face à l'Angleterre au terme d’un Crunch irrespirable
– Un jeu stéréotypé –
Après avoir été sanctionnée de trois cartons rouges lors de ses quatre matches précédents, l’Angleterre, qui pourra de nouveau compter sur son ouvreur et habituel capitaine Owen Farrel à compter du prochain match, a au moins enfin terminé un match à 15.
À lire aussi | France-Angleterre : Pierre-Louis Barassi s’impose au centre
Le XV de la Rose, qui a arraché le bonus à la sirène grâce à Joe Marchant, devrait croiser en quarts l’un des trois prétendants aux deux premières places du groupe C — pays de Galles, Fidji ou Australie — dans la moitié de tableau la plus faible du tournoi.
Mais sa propension presque caricaturale à jouer au pied — même si ça a fini par payer sur l’essai de Freddie Steward (66e), bien servi par Ford — n’en font pas forcément un candidat à la victoire finale après les démonstrations de force de l’Irlande ou de l’Afrique du Sud.
À lire aussi | Fabien Galthié assume viser la victoire contre l’Angleterre
« Notre jeu offensif va continuer à s’améliorer », a promis Borthwick. « C’est ce qui prend le plus de temps à venir. Certaines équipes ont eu quatre ans, voire plus, pour mettre leur jeu en place. On a eu quatre mois. On a encore une grosse marge de progression, cette équipe va continuer de grandir ».
Les Brave Blossoms japonais, qui n’avaient plus perdu un match de poule de Coupe du monde depuis 2015, n’ont eux déjà plus le droit à l’erreur avant d’affronter successivement les Samoa et l’Argentine.
À lire aussi | France – Angleterre: Les compositions
« Je suis fier de mon équipe, qui a montré beaucoup de coeur », a tout de même salué leur sélectionneur Jamie Joseph. « On s’est créé beaucoup d’opportunités, mais on a commis trop d’erreurs ».
Leur entrée en lice victorieuse contre le Chili (42-12) n’avait pas totalement convaincu avant de passer au révélateur anglais et on en sait aujourd’hui un peu plus sur leur véritable niveau: celui d’une équipe volontaire mais limitée, incapable de battre un « gros » depuis l’Irlande et l’Ecosse lors du Mondial-2019 sur ses terres.
À lire aussi | Six Nations : Woki déclare forfait contre l’Angleterre
© 2023 AFP
Sexy Rugby : Boutique Rugby
À lire aussi | Steve Borthwick : « Nous sommes dégoûtés, la discipline nous a coûté cher »
