Des polémiques autour de Mohamed Haouas et Bastien Chalureau, aux blessures d’Antoine Dupont et Romain Ntamack, en passant par la perte du titre dans le Tournoi, la route du XV de France vers un premier sacre mondial espéré a été semée d’embûches en 2023.
L’année a commencé par un recul au niveau des résultats sportifs. Auteurs du Grand Chelem dans le Tournoi des six nations 2022, leur premier depuis douze ans, les Bleus ne rééditent pas l’exploit, chutant à Dublin face à l’Irlande (32-19) qui s’est, elle, offert le gros lot.
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Il s’agit de la plus lourde défaite de l’équipe de France depuis que Fabien Galthié en a pris les commandes fin 2019 et aussi la première en quatorze matches.
Si les Bleus terminent deuxième de l’épreuve derrière l’Irlande, avec un bilan honorable d’une seule défaite pour quatre victoires, dont une record face à l’Angleterre à Twickenham (53-10), le jeu déployé suscite des interrogations.
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L’indiscipline en Italie (29-24), avec dix-huit pénalités concédées, est pointée du doigt, tout comme la touche et le jeu au pied à Dublin. Contre les Gallois (41-28), l’entame de match compliquée et un trou d’air en seconde période rendent la copie moins convaincante.
Face à l’Ecosse (32-21), le pilier Mohamed Haouas reçoit encore un carton rouge, pour un déblayage tête contre tête avec le demi de mêlée adverse. Et le troisième ligne Anthony Jelonch se blesse grièvement à un genou.
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Si le retour in extremis de Jelonch pour le Mondial est une bonne nouvelle, celle de l’échec de la naturalisation du colossal deuxième ligne australien de Toulouse Emmanuel Meafou (2,03 m, 145 kg) en est une bien mauvaise pour le staff des Bleus.
– Ntamack puis Dupont –
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Sa présence aurait fait le plus grand bien, notamment avec la perte de Paul Willemse (cuisse). Car la préparation à la Coupe du monde, de Monaco à Capbreton en passant par Marcoussis et Rueil-Malmaison, va laisser des traces: tour à tour, le troisième ligne François Cros (lésion musculaire), le deuxième ligne Romain Taofifenua (ischio-jambier), le pilier Demba Bamba (cheville), le troisième ligne Yoan Tanga (pectoraux), le pilier Cyril Baille (mollet) vont passer par la case infirmerie.
Pire, la polémique enfle avec le forfait de l’ouvreur Ntamack, victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. Fallait-il exposer l’un des joyaux du Stade toulousain lors des matches de préparation?
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« On ne peut pas faire du twirling bâton pendant huit semaines, sortir les mecs du formol une semaine avant les All Blacks et se dire qu’ils vont être bons parce qu’on les a mis sur le terrain », répond fin août le directeur de la performance Thibault Giroud, soulignant qu’il y aurait « d’autres blessés ».
Suivent en effet le centre Jonathan Danty (cuisse), le talonneur Julien Marchand (cuisse), le troisième ligne Grégory Alldritt (genou) et, surtout, la superstar Antoine Dupont (visage).
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Le capitaine des Bleus, victime d’une fracture maxillo-zygomatique lors de la victoire record devant la Namibie (96-0), a néanmoins été autorisé à reprendre l’entraînement avec contacts et son retour est espéré pour le quart de finale contre l’Afrique du Sud, un peu plus de trois semaines après son opération.
– Haouas puis Chalureau –
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Avant de pulvériser les modestes Namibiens, les Bleus ont alterné le bon, avec leurs titulaires face au All Blacks (27-13) en ouverture de la compétition, et le moins bon, avec une équipe bis très brouillonne face à l’Uruguay (27-12).
Loin des terrains, les coulisses ont également été agitées, à commencer par plusieurs affaires autour du pilier Haouas, condamné en mai à un an de prison ferme aménageable pour des faits de violences conjugales à Montpellier, et de facto écarté de l’équipe de France par la FFR.
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Quelques semaines plus tard, son coéquipier Bastien Chalureau se retrouve, lui, au coeur d’une polémique après sa condamnation en première instance pour une agression à caractère raciste.
L’affaire date de 2020 mais le deuxième ligne, rappelé en septembre pour pallier le forfait de Paul Willemse, a vu son passé ressurgir, troublant la préparation des Français. En larmes, il a assuré devant la presse « ne pas être raciste » alors que l’affaire prenait un tour politique après les interventions du Président Emmanuel Macron et de la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra.
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Cela fait beaucoup de dossiers à gérer pour le nouveau président de la Fédération Florian Grill, élu le 14 juin en remplacement de Bernard Laporte, démissionnaire après sa condamnation à deux ans de prison avec sursis. Il avait été reconnu coupable d’avoir noué un « pacte de corruption » avec l’homme d’affaires et président du club de Montpellier Mohed Altrad, décision qu’il a contestée en faisant appel.
© 2023 AFP
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