A quelques jours du « Crunch », qui déterminera une nouvelle fois l’équipe victorieuse du Tournoi des six nations féminin, trois anciennes internationales, Safi N’Diaye, Marjorie Mayans et Lénaïg Corson, décryptent pour l’AFP les ressorts de la rivalité entre la France et l’Angleterre.
. Les Anglaises, « nos meilleures ennemies »
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« Il y a deux ans, quand j’avais joué pour les Barbarians britanniques avec Katy McLean, une N.10 anglaise de légende, je lui avais avoué +I hate you but I love you+ », confie en souriant Corson, ancienne deuxième ligne (35 ans, 35 sél. entre 2012 et 2021).
« L’amour, la haine, c’est complètement ça entre nous! Ce sont nos meilleures ennemies », ajoute-t-elle, évoquant « le folklore » autour de ce match que « tout le monde attend avec impatience » en raison d’une « haine historique ».
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« Il y a énormément de respect envers cette équipe et elles aussi nous respectent », renchérit N’Diaye, autre ancienne deuxième ligne (35 ans, 91 sél. entre 2012 et 2022).
Même si, niveau palmarès, les « Red Roses » sont bien au dessus: doubles championnes du monde, douze victoires dans le Tournoi… Quand la France n’a pas été plus loin que la médaille de bronze au Mondial et n’a remporté « que » trois fois le Six nations dans sa version actuelle.
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. Puissance et « French Flair »
Les Anglaises « sont très rudes, toutes très costaud, il suffit de regarder le poids du pack », souligne Mayans, ancienne troisième ligne (33 ans, 53 sél. entre 2011 et 2022). « Celles contre qui je jouais me mettaient facilement 10 ou 15 kg. En plus, elles courent hyper vite! ».
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Pour Corson, « ce sont des tueuses: quand je les vois jouer, c’est juste sensationnel, chirurgical, millimétré. Tout le monde arrive dans le bon intervalle, bien lancé… »
D’autant que si auparavant, les « Red Roses » étaient surtout connues pour leurs ballons portés ultra-efficaces, elles ont depuis évolué, avec l’arrivée à leur tête du Néo-Zélandais John Mitchell, vers un jeu plus proche du « French Flair ».
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« Avant, elles faisaient tout le temps la même chose. Super bien, certes, mais ce n’était pas du +hourra rugby+, analyse N’Diaye. Là, elles ont changé leur système de jeu », avec « des fusées derrière, hyper-athlétiques: c’est vraiment plaisant à regarder ».
. L’Angleterre, un « exemple »
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« C’est une nation qui a été précurseur dans la professionnalisation du championnat féminin, elle donne un peu l’exemple, notamment sur les questions de maternité des joueuses », souligne Mayans, qui officie désormais comme conseillère juridique au sein de Provale, le syndicat des joueurs.
Et, ajoute Corson, « on ne peut que saluer leur façon de réunir autant de monde autour du sport féminin ». « Il y a plus de dix ans, se souvient N’Diaye, on jouait déjà dans des grands stades quand on les affrontait en Angleterre ».
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Ainsi, le record d’affluence pour un match de rugby féminin date du « Crunch » à Twickenham lors du Tournoi 2023, avec 58.498 personnes présentes, alors que les Bleues en sont encore à se réjouir de réunir plus de 22.000 spectateurs à Bordeaux samedi.
« Elles sont très bonnes dans l’+entertainment+ avant les matches, comment rendre le rugby féminin attractif à regarder, avec des portraits de joueuses, des podcasts », précise Corson, qui a évolué aux Wasps puis aux Harlequins.
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Les « Red Roses » ont ainsi depuis cette année un compte X (ex-Twitter) qu’il leur est entièrement dédié, quand les Bleues « partagent » les réseaux sociaux de la Fédération avec toutes les équipes de France.
. Des « Crunches » toujours très disputés
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« Je n’en ai que des souvenirs incroyables, même toutes les fois où on a perdu! Mais le meilleur reste celui de 2014 (victoire 18-6, ndlr), quand on fait le Grand Chelem », raconte Mayans.
Pour N’Diaye, dont le souvenir le plus marquant reste la victoire à Twickenham (30-20, ndlr) dans le Tournoi 2013, « à chaque fois qu’on joue contre l’Angleterre, on se transcende, c’est toujours très serré ».
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C’est simple, conclut-elle, contre les Anglaises, « on a toujours ce supplément d’âme: on n’est pas fatiguées! ».
lrb/ole
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