François Ratier nommé sélectionneur du XV de France féminin

François Ratier devient le nouveau visage du XV de France féminin au terme d’un processus de sélection particulièrement scruté. Cette nomination tourne une page importante pour les Bleues après la fin du mandat du duo Gaëlle Mignot – David Ortiz, conclu par une décevante quatrième place lors de la dernière Coupe du monde en Angleterre. Champion de France en titre à la tête du Stade Bordelais et double tenant du Bouclier avec les Lionnes, le technicien de 53 ans arrive avec un palmarès récent solide. Il possède aussi une expérience internationale déjà éprouvée, ce qui a convaincu le comité fédéral chargé de désigner le successeur du staff sortant. La Fédération française de rugby a ainsi choisi de confier les rênes de la sélection à un profil de bâtisseur, déjà rompu aux exigences du très haut niveau féminin. Dans ce contexte, l’objectif affiché reste de ramener un titre majeur aux Bleues, qui n’ont plus connu la joie d’un Grand Chelem depuis 2018.

Un conclave fédéral et une short-list relevée

La nomination de François Ratier intervient au terme d’un véritable « conclave » fédéral, qui a duré plus longtemps que prévu. Le jury de la FFR, composé notamment de Jean-Marc Lhermet, Ariane Van Ghelue, Jean-Marc Bédérède, Olivier Lièvremont et Christophe Reigt, avait auditionné une short-list de six candidats. Parmi eux figuraient l’entraîneure des moins de 20 ans féminines Caroline Suné, la manageuse de Bobigny Clémence Gueucier, le manager de Romagnat Fabrice Ribeyrolles, l’ancien entraîneur de Perpignan et coordinateur défensif des équipes de France jeunes Gérald Bastide, ainsi que Gaëlle Mignot, qui souhaitait poursuivre son travail à la tête des Bleues. Les dirigeants avaient initialement prévu de trancher un lundi et de prévenir les candidats le lendemain. Cependant, aucun appel n’est venu ce jour-là, ce qui a prolongé le suspense avant que la « fumée blanche » ne sorte finalement du CNR de Marcoussis. C’est finalement le manager des Lionnes du Stade Bordelais qui a été retenu, porté par ses résultats en Elite 1, où son équipe est triple championne en titre, et par son vécu international. Ce choix marque aussi une volonté de revenir à un organigramme plus classique, avec un sélectionneur clairement identifié et deux adjoints. L’objectif est de rompre avec un précédent mandat en binôme, jugé parfois peu lisible dans l’incarnation et le discours.

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François Ratier, un bâtisseur marqué par son passage au Canada

Avant de s’imposer en France avec le Stade Bordelais, François Ratier a construit sa réputation de technicien au Canada, son pays d’adoption qu’il a rejoint en 2003 après une carrière de joueur, notamment à Angoulême dans les années 1990. Il y a pris les rênes de la sélection nationale féminine en 2013 et a mené les Canadiennes jusqu’en finale de la Coupe du monde 2014 en France, une première historique pour ce pays. Par ailleurs, cette campagne a été marquée par une demi-finale remportée face aux Bleues à Jean-Bouin (16-18). En parallèle, il a assuré un intérim à la tête de la sélection masculine en 2015, après la démission du Néo-Zélandais Kieran Crowley. Il a aussi occupé plusieurs fonctions structurantes : responsable de la formation et du perfectionnement des jeunes joueurs à la Fédération canadienne, directeur général et technique du rugby au Québec, puis entraîneur des Toronto Arrows en Major League Rugby jusqu’à la disparition de la franchise en 2023. Son retour en France coïncide avec sa prise de fonction au Stade Bordelais, déjà champion de France en titre. Il ajoute alors deux Boucliers supplémentaires et prolonge au printemps dernier, en intégrant toutefois une clause lui permettant de quitter le club si le poste de sélectionneur se présentait. En Gironde, il s’appuie sur un solide pack d’internationales, comme Agathe Gérin, Annaëlle Deshaye ou encore Madoussou Fall Raclot. Il contribue aussi à l’éclosion de l’arrière-buteuse Morgane Bourgeois et au retour au premier plan de la demi d’ouverture Carla Arbez. Ainsi, ces éléments renforcent son lien avec le groupe France et confortent le profil de François Ratier nouveau sélectionneur potentiel.

Prise de fonctions, staff à bâtir et cap sur le Tournoi 2026

La prise de poste de François Ratier à la tête du XV de France féminin est fixée au 5 janvier prochain. Le nouveau sélectionneur devra d’abord constituer son staff, avec deux entraîneurs adjoints comme le souhaite la FFR, afin de marquer une rupture nette avec l’organisation précédente et de clarifier la chaîne de commandement autour des Bleues. Il pourra s’appuyer sur un noyau important de joueuses bordelaises, déjà très présentes lors de la dernière Coupe du monde, pour installer rapidement ses repères. François Ratier étrennera son costume de sélectionneur lors du Tournoi des Six Nations 2026, avec un premier match à domicile face à l’Italie le 11 avril, le lieu restant à déterminer. Les Françaises recevront également l’Irlande le 25 avril, puis l’Angleterre le 17 mai à Bordeaux, un rendez-vous symbolique pour celui qui a fait des Lionnes l’équipe dominante du championnat. La mission principale qui lui est confiée reste claire : ramener un premier titre à l’équipe de France féminine depuis le Grand Chelem de 2018. Néanmoins, cette ambition s’inscrit dans un contexte où la quatrième place mondiale récente a laissé un goût d’inachevé. Avec son expérience de bâtisseur au Canada, ses succès en Elite 1 et sa connaissance fine des internationales françaises, le nouveau sélectionneur aborde donc ce défi avec un profil qui a su convaincre les décideurs fédéraux.

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Pour résumer : la nomination de François Ratier à la tête du XV de France féminin ouvre un nouveau cycle pour les Bleues. Ce projet est porté par un technicien double champion de France avec le Stade Bordelais, fort d’une expérience marquante avec le Canada. Il est désormais chargé de structurer un staff resserré, de capitaliser sur un important contingent bordelais et de ramener enfin un titre majeur à la sélection nationale.