Test matchs : l’Angleterre s’en sort, l’Italie confirme, les All Blacks tremblent encore

Angleterre Fidji : la Rose sauvée par son banc

À Twickenham, l’Angleterre s’est imposée face aux Fidji (38–18) dans un match bien plus serré que le score ne le laisse paraître. Mis en difficulté par des Fidjiens inspirés, les Anglais ont longtemps douté avant de faire la différence dans le dernier quart d’heure. Steve Borthwick a pu remercier son banc, décisif dans la gestion de fin de match. L’entrée d’Henry Arundell a été déterminante : l’ailier a inscrit un essai salvateur après une percée tranchante. « On savait que les Fidji allaient mettre beaucoup d’intensité, mais nous avons su rester patients », a résumé le sélectionneur anglais. Pour les insulaires, cette défaite reste frustrante après une première heure de qualité, avant que la sortie de Caleb Muntz ne rompe leur équilibre. Une prestation encourageante, malgré tout, à deux semaines du choc contre la France.

Italie Australie : la renaissance azzurra

À Florence, l’Italie a confirmé son renouveau en battant l’Australie (26–19), deux ans après sa victoire historique de 2022. Le XV transalpin a su capitaliser sur son agressivité défensive et la créativité de sa charnière pour dominer des Wallabies encore convalescents. « En fin de match, nous avons surtout eu du cœur », expliquait Kieran Crowley, satisfait du caractère de ses joueurs. Les Australiens, brouillons et indisciplinés, n’ont jamais réussi à contenir le rythme italien. Le troisième essai signé Marin a scellé un succès qui en dit long sur la progression des Azzurri. En face, Joe Schmidt a admis la supériorité adverse : « L’Italie a joué juste et mérite sa victoire. » Un revers inquiétant pour une Australie qui peine encore à retrouver une identité claire.

Pays Galles Argentine : les Pumas en promenade

À Cardiff, l’Argentine a infligé une lourde correction au pays de Galles (52–28). Les Pumas ont déroulé un rugby complet, rapide et précis, étouffant des Gallois dépassés. Gerónimo Prisciantelli et Santiago Carreras ont dicté le tempo, tandis que Bautista Delguy a multiplié les inspirations. « Nous avons eu la mainmise sur la possession et su jouer dans les bons espaces », a expliqué Michael Cheika après la rencontre. Côté gallois, le constat est amer. Les erreurs défensives et le manque d’impact dans les rucks ont coûté cher. Même la rentrée de Louis Rees-Zammit n’a pas suffi à inverser la tendance. Ce revers souligne une fois encore les difficultés du XV du Poireau à rivaliser avec les grandes nations depuis le Mondial.

Écosse Nouvelle-Zélande : les All Blacks à 120 millimètres du désastre

À Édimbourg, l’Écosse a bien failli battre la Nouvelle-Zélande pour la première fois de son histoire. Menés jusqu’à dix minutes du terme, les All Blacks ont finalement arraché la victoire (25–17) grâce à un essai tardif de Damian McKenzie, remplaçant providentiel. Les Écossais, auteurs d’une prestation héroïque, ont longtemps cru à l’exploit. « On est passés tout près », regrettait Gregor Townsend après le match. McKenzie, lui, a préféré souligner la réaction de son équipe : « On a su garder notre calme dans les moments décisifs. » Pour la trente-troisième fois, l’histoire penche du côté des Néo-Zélandais, mais jamais l’écart n’a semblé aussi mince. Un match référence pour une Écosse désormais convaincue de pouvoir rivaliser avec les géants du Sud.

Qualification Mondial 2027 : la Belgique crée la sensation

Dans le tournoi de repêchage mondial, la Belgique a signé un exploit historique en battant la Namibie (22–15), s’offrant une chance unique d’accéder à la phase finale. Solides en conquête et disciplinés, les Diables Noirs ont résisté jusqu’au bout aux assauts namibiens. « C’est un jour historique pour notre rugby », s’est réjoui Jean-Maurice Decubber, capitaine des Belges. En parallèle, les Samoa ont logiquement dominé l’Espagne (48–10), confirmant leur statut de favoris pour décrocher leur ticket. Mais la performance belge restera le fait marquant de la journée, symbole d’un rugby européen émergent capable de rivaliser avec les nations établies. Une victoire saluée jusque dans les travées de Dubaï, où la petite nation a écrit l’une des plus belles pages de son histoire.

Une fenêtre automnale pleine d’enseignements

Ces test matchs internationaux ont livré un tableau contrasté. L’Angleterre reste en reconstruction mais retrouve un souffle collectif, l’Italie confirme sa progression et l’Argentine affiche une solidité impressionnante. L’Écosse, frustrée, a prouvé qu’elle pouvait regarder les All Blacks dans les yeux. Et la Belgique, dans un tout autre registre, a rappelé que le rugby mondial s’élargit bien au-delà du cercle fermé des grandes nations. Alors que la tournée d’automne se poursuit, les tendances se dessinent : l’hémisphère Nord gagne en compétitivité, mais le Sud conserve cette capacité à punir le moindre relâchement. Une chose est sûre : le rugby international n’a jamais semblé aussi ouvert et passionnant.

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Pour résumer, cette journée internationale a offert son lot d’émotions, de confirmations et de surprises, dessinant les contours d’un hiver rugbystique plein de promesses.