Finale Coupe du monde rugby féminin

Coupe du monde féminine 2025 : l’Angleterre sacrée à Twickenham, la France au pied du podium

Les Red Roses imposent leur loi devant 81 885 spectateurs

L’Angleterre a remporté la finale de la Coupe du monde féminine 2025 face au Canada (33-13) à Twickenham. Ce succès offre aux Red Roses un troisième titre mondial après 1994 et 2014. Invaincues depuis 2022, elles ont confirmé leur suprématie devant un public record pour un match de rugby féminin, avec 81 885 spectateurs annoncés. La victoire s’est dessinée sur un enchaînement d’essais maîtrisés, une domination nette en mêlée et une gestion clinique des temps faibles.

Un début de match ouvert, puis la bascule anglaise

Le Canada a frappé le premier grâce à Asia Hogan-Rochester (5-0). L’Angleterre a vite répondu avec l’exploit personnel d’Ellie Kildunne, qui a transpercé la défense sur 40 mètres avant la transformation de Zoe Harrison (7-5). La mécanique anglaise s’est ensuite enclenchée. Les Red Roses ont capitalisé sur leurs lancements : Amy Cokayne a conclu un maul bien huilé (14-5), puis la pression au près a continué de user le pack canadien jusqu’au nouvel essai d’Alex Matthews. À la pause, l’Angleterre menait logiquement (21-8), portée par son avance en conquête et par sa discipline.

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Puissance en mêlée et réalisme : le mode d’emploi anglais

Au retour des vestiaires, le schéma n’a pas changé. La mêlée anglaise a renversé son vis-à-vis et permis à Abbie Ward d’inscrire le quatrième essai en force (26-8). Le Canada a réagi en profitant d’une infériorité numérique anglaise après le carton jaune d’Hannah Botterman : Hogan-Rochester a signé un doublé (26-13). Cependant, l’Angleterre est restée maîtresse des collisions et des zones de contact. La troisième ligne a scellé le score dans le money-time par Alex Matthews (31-13), puis Zoe Harrison a transformé (33-13). À noter : Sadia Kabeya a été désignée meilleure joueuse de la finale, récompensant l’impact de la troisième ligne aile dans le combat au sol et la couverture défensive.

Le Canada valeureux mais bridé par la défense anglaise

Les Canadiennes ont tenté jusqu’au bout. Elles ont varié avec du jeu au pied d’occupation (Alex Tessier a réussi un 50/22) et cherché des solutions au large via Julia Schell puis Olivia Apps. Leur maul a, par séquences, gagné des mètres. Pourtant, la défense anglaise a constamment refermé les extérieurs. Plusieurs ballons portés et possessions longues n’ont pas trouvé d’issue, souvent stoppés par un grattage décisif, une chandelle bien négociée par Kildunne ou un plaquage gagnant au centre. L’accumulation de fautes de main dans le dernier quart d’heure a aussi freiné l’espoir d’un retour.

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La France quatrième : un match de bronze cruel mais éclairant

En petite finale, les Bleues se sont inclinées face à la Nouvelle-Zélande (42-26). Le scénario a été frustrant. Malgré une possession importante et une mêlée solide, les Françaises ont manqué d’efficacité, avec trop de ballons tombés et quelques rucks pénalisés au pied de l’en-but. La première période a illustré ce contraste : de belles séquences, une redoublée réussie entre Joanna Grisez et Marine Ménager, mais aussi des occasions gâchées. Les Black Ferns, elles, ont piqué sur chaque opportunité, enchaînant trois essais dans les dix dernières minutes du premier acte, avant d’accélérer encore après la pause.

Les entrées de Kelly Arbey, Lina Tuy et Assia Khalfaoui ont redonné de l’élan en fin de match. Les essais de Léa Champon, Gaby Vernier et Émilie Boulard ont adouci le score et rappelé la capacité de réaction de cette équipe. Mais le constat est clair : pour réintégrer le top 3 mondial, il faudra convertir plus vite les temps forts, réduire les erreurs techniques et conserver la même intensité pendant 80 minutes. La défaite en demie contre l’Angleterre a laissé des traces, et le match pour la 3e place l’a confirmé.

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Ce que retient la compétition

Cette Coupe du monde laisse une image forte : un Twickenham plein, un record d’affluence, et une finale dominée par une Angleterre à la fois puissante et structurée. Le Canada repart avec une médaille d’argent méritée, à l’issue d’un tournoi consistant. La Nouvelle-Zélande complète le podium. La France termine au pied du podium, mais reste proche. L’écart se joue sur l’efficacité, le détail au sol et la précision dans la zone de marque. Les fondations sont là, notamment en mêlée et dans la qualité de relance (on pense à Pauline Bourdon-Sansus et à Grisez). La prochaine marche passera par une meilleure gestion des moments clés et une discipline plus constante.

Bilan : l’Angleterre, une référence à rattraper

Au final, les Red Roses concluent un cycle parfait : invincibilité prolongée, sacre à domicile et performance collective de haut niveau. Leur conquête a dicté le tempo, leur défense a fermé les portes, et leurs finisseuses ont rentabilisé chaque occasion. Face à cela, le Canada a résisté mais a buté sur une barrière bien en place. Quant aux Bleues, elles ont montré des ressources et du caractère, mais buté sur les mêmes limites. Il y a matière à progresser vite, d’autant que l’élan populaire est réel et que la densité internationale monte. Rendez-vous est pris pour transformer ces leçons en victoires.

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