Josua Tuisova fait partie de ces joueurs que le XV de France connaît par cœur, mais qu’il ne parvient jamais à neutraliser totalement. Le centre fidjien, monstre physique passé par treize saisons de Top 14, revient ce week-end dans un rôle central. Et à l’approche du test face aux Fidji, son nom revient comme un avertissement. Tuisova cristallise à lui seul toute la puissance fidjienne, et son influence s’annonce encore déterminante.
Josua Tuisova, la puissance pure
Depuis 2017, les Bleus croisent régulièrement le chemin de Josua Tuisova. À 31 ans, l’international fidjien reste l’un des joueurs les plus spectaculaires du rugby mondial. Richard Dourthe l’avait résumé sans détour : « C’est un tsunami ». Avec ses 113 kg lancés pleine vitesse, il absorbe les chocs, casse les plaquages et impose une densité unique. Son ancien coach Joe Rokocoko en témoigne : « Les adversaires ont beau mettre des systèmes en place pour l’arrêter, c’est quasi impossible. Quelle que soit la guerre qui se joue face à lui, Josh trouvera toujours un moyen pour la contenir et la briser. »
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Cette réputation ne relève pas du mythe. Que ce soit à Toulon, à Lyon ou en équipe nationale, Tuisova a bâti sa carrière sur ses charges répétées et son activité féroce autour des zones d’impact. Son ancien entraîneur Pierre Mignoni, admiratif, parlait d’un joueur « capable de renverser une rencontre en deux actions ».
Une menace qui ne faiblit jamais
Face au XV de France, Tuisova a toujours répondu présent. Même lors de la défaite contre l’Angleterre (38-18), il a multiplié les montées agressives, provoqué un carton jaune et conservé son hyperactivité constante. Sept charges balles en main dans les premières minutes, deux franchissements et une série de plaquages défensifs avaient suffi pour rappeler l’étendue de son registre.
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Ce week-end, les Bleus retrouveront donc cette force brute. Nicolas Depoortere le reconnaissait récemment : « C’est un joueur surprenant, massif, qui apporte toujours quelque chose à son équipe. Face à lui, il faut être prêt à l’impact. » Un message clair pour un secteur français déjà mis sous pression face aux Sud-Africains.
Un cadre, un compétiteur, un symbole
Au-delà de la puissance, Tuisova incarne aussi un état d’esprit. Dernièrement, il a retrouvé une forme impressionnante. Jacques Fouroux, qui l’avait vu débuter, racontait : « Son évolution est bluffante. Il a appris à gérer les moments chauds. » Son leadership naturel se confirme à chaque sortie, au point de devenir l’un des points d’ancrage des « Flying Fijians ».
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Son mentor Joe Rokocoko l’expliquait encore : « Il a compris comment utiliser sa force intelligemment. Josh est devenu un distributeur quand il le faut, et un briseur quand c’est nécessaire. » Cette polyvalence fait de lui une menace complète. Et contre les Bleus, qui doivent se rassurer après une entrée en matière frustrante, il représente exactement le genre d’adversaire qu’ils préfèreraient éviter.
Un duel décisif pour les Bleus
Ce test-match face aux Fidji arrive au moment idéal pour juger la capacité du XV de France à répondre à l’adversité. Les impacts seront lourds, les collisions nombreuses et les transitions rapides. Dans cet environnement, la présence de Tuisova change tout. Il apporte ce supplément de férocité qui peut faire basculer les séquences.
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Les Bleus savent ce qui les attend. Ils l’ont affronté des dizaines de fois en club, sur les pelouses du Top 14. Ils savent qu’il fait des ravages, comme l’avait résumé Bernard Laporte : « Contre lui, il faut défendre autrement. » Ce constat n’a rien perdu de son actualité. Demain soir, c’est encore autour de Tuisova que se cristallisera une grande partie de la bataille physique.
Pour résumer, les Bleus devront faire face à l’une des menaces les plus explosives du rugby mondial. Un défi immense, mais aussi un test parfait pour juger la solidité de ce groupe français en reconstruction.
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