Face aux Springboks, la mêlée, un combat au coeur du combat

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Le quart de finale du Mondial-2023 entre la France et l’Afrique du Sud, dimanche au Stade de France, sera aussi l’affrontement de deux des meilleures mêlées du monde, ce secteur si spécifique au rugby où se joue bien souvent l’issue d’une partie.

Il a eu beau réfléchir, se creuser la tête, analyser les forces en présence, rien n’y fait. Au moment de désigner qui de la France ou l’Afrique du Sud prendrait le dessus en mêlée fermée lors de leur quart de finale, Gurthrö Steenkamp a bien été incapable de répondre.

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« J’ai vraiment hâte de voir le duel. Ce sont deux des meilleures mêlées au monde. Je sais qu’une équipe va prendre le dessus sur l’autre mais, aujourd’hui, je suis incapable de dire laquelle », assure à l’AFP l’ancien pilier Springbok (53 sélections entre 2004 et 2014), qui a évolué sept saisons au Stade toulousain, puis au Stade français, avant de devenir entraîneur de la mêlée du Stade rochelais.

C’est que la mêlée fermée, quintessence de l’épreuve de force, comporte, en France notamment, une dimension psychologique primordiale où les gros bras gardent précieusement cachés leurs petits secrets.

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« En tant que demi de mêlée, je ne sais pas très bien ce qui se passe là-dessous », a avancé jeudi le Sud-Africain de Montpellier, Cobus Reinach. « Je sais juste que, en France, c’est quelque chose dont ils sont fiers. Même un joueur pas impressionnant peut être énorme dans ce domaine. Et c’est le cas en équipe de France aussi. En conquête, il va falloir qu’on réponde présent. »

D’autant que les Bleus de Uini Atonio et Cyril Baille ont un compte à régler avec leurs adversaires sud-africains.

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A Marseille l’année dernière, dans un match dantesque conclu par une victoire française 30-26, les Springboks très vite réduits à sept devant après l’exclusion du troisième ligne Pieter-Steph du Toit (12e), avaient dominé la mêlée française.

– Une somme d’individualités –

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Un affront que voudra essuyer William Servat, l’entraîneur de la mêlée bleue, obsédé par l’exercice, qui a prédit « une battle royal » au Stade de France en se gardant bien de dévoiler quoi que ce soit des forces françaises en la matière.

Un ressentiment encore plus grand depuis que la France, qui s’est appuyée sur sa mêlée pour battre les All Blacks lors du match inaugural du Mondial (27-13), s’est faite pénaliser à de nombreuses reprises face à l’Uruguay en match de groupe alors même qu’elle dominait largement le secteur.

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Le Néo-Zélandais Ben O’Keeffe qui arbitrait la rencontre entre la France et l’Uruguay, sera également au sifflet dimanche.

« Avec Atonio et Baille », détaille Steenkamp, « ils possèdent peut-être les meilleurs piliers droit et gauche au monde. Mais la mêlée, c’est une somme d’individualités et de détails. Qui va gagner l’espace ? L’impact ? Qui va, visuellement, influencer l’arbitre à siffler contre l’autre? Ça, je ne le sais pas encore. »

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Les Sud-Africains avancent, eux, sûrs de leur force. Lors du plus beau match de la phase de groupe, perdu face à l’Irlande (13-8), ils ont néanmoins dominé la mêlée du trèfle, provoquant quatre pénalités en leur faveur derrière un affrontement direct.

« La mêlée fait partie de l’ADN sud-africain », rappelle Steenkamp. « Mais, lorsque nos franchises disputaient le Super Rugby, elle était devenue une rampe de lancement plus qu’un affrontement. Depuis qu’elles ont intégré les championnats européens, elle a retrouvé son essence et ses spécificités. »

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Objet de fantasme unique, capable de faire parler ou écrire des gens qui n’y goutent pourtant pas grand-chose, elle reste pour ses acteurs un pré carré d’où rien ne sort.

« La mêlée française est très forte et son entraîneur très bon », affirme ongi Mbonambi, le talonneur sud-africain. « Nous l’avons bien analysé mais l’analyse n’aide que jusqu’à un certain point. C’est sur le terrain qu’il faut répondre présent. »

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© 2023 AFP

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